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0052 Voyages d'Ibn Batoutah : vol.1
イブン=バットゥータの旅 : vol.1
Voyages d'Ibn Batoutah : vol.1 / 52 ページ(白黒高解像度画像)

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doi: 10.20676/00000219
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OCR読み取り結果

Dans la ville du Caire, il y a environ vingt-cinq mille chrétiens
renégats; mais des nôtres il y en a peu, et la plupart sont d'autres
nations. On assurait qu'il y avait jusqu'à six mille moulins à sec
(mis en mouvement par des animaux). La ville abonde en toute
espèce de biens, mais surtout en sucre, en épices et autres ali-
ments. Plus de cent mille personnes couchent la nuit hors du
Caire, faute de maisons pour leur demeure. Il y a un grand
nombre de cuisiniers, qui font cuire dans les rues, le jour et la
nuit, de fort bonnes viandes, dans de grandes chaudières de cuivre
bien étamées; et aucun habitant, si riche qu'il soit, ne cuisine
chez lui, mais il fait acheter les mets chez ces individus, dans les
bazars. Les Sarrasins du royaume payent certains impôts détermi-
nés, et rien au delà; mais les juifs et les chrétiens, à quelque na-
tion qu'ils appartiennent, payent chaque année, outre les impôts
ordinaires, un ducat par tête¹.

Après avoir visité certaines églises et autres lieux consacrés,
au Caire, tels que l'église de Saint-Thomas l'Apôtre, celles de
Sainte-Barbe, de Sainte-Marie-de-l'Échelle, de la Colonne, de
Sainte-Marie-du-Caveau, etc., Frescobaldi fit ses préparatifs pour
traverser le désert qui s'étend entre le Caire et Gazza. Avec leurs
domestiques, les chameliers et le drogman, nos trois voyageurs
constituaient une troupe de dix-huit personnes. Le grand drogman
leur fit payer, pour le passage, 96 ducats d'or, et exigea en sus plu-
sieurs autres choses. En échange de cette somme, il leur prêta
ou leur fit prêter quatorze chameaux arabes, presque sauvages.
Ces animaux ne servent que pour ledit désert, qui commence à
cinq milles du Caire, du côté de la mer Rouge, et va jusqu'à
Gazza, à trois journées de Jérusalem. Les autres chameaux ne
pourraient point servir à cet objet, car ils sont habitués à bien
vivre, et dans ce désert on ne trouve pas de fourrage, et l'on reste
deux ou trois jours sans rencontrer d'eau.

Le 19 octobre, avant la pointe du jour, les voyageurs quit-
tèrent le Caire et se rendirent à un endroit nommé la Materia
(Almathariyah). Depuis le Caire jusqu'à ce lieu, il y a une grande
quantité de jardins où l'on voit des citronniers, des dattiers, des
limoniers, des orangers et des bananiers. Les fruits de ces der-
niers sont appelés des pommes du paradis (muse, en arabe maoaz:
cf. sur ce fruit, la page 85 de Frescobaldi). «L'endroit dont nous