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0014 Voyages d'Ibn Batoutah : vol.1
Voyages d'Ibn Batoutah : vol.1 / Page 14 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000219
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saient cependant que par de maigres abrégés. Ce qu'ils
en avaient dit avait suffi pour faire désirer aux savants
d'Europe d'obtenir des manuscrits de la relation origi-
nale; mais ce désir tarda longtemps à se réaliser. Enfin,
la conquête de l'Algérie et la prise des bibliothèques
de Constantine nous ont valu, presque en même temps,
plusieurs exemplaires de ce précieux ouvrage. Cette heu-
reuse circonstance a permis de consulter le récit origi-
nal d'Ibn Batoutah, et les fragments assez considérables
qui ont été traduits par plusieurs orientalistes, n'ont pu
que confirmer l'opinion qu'on s'en était faite d'après les
abrégés découverts par Seetzen et Burckhardt.
Peu de nations ont poussé aussi loin que la race arabe
le goût des courses, des voyages lointains. C'était chez
elle un penchant que bien des causes faisaient naître,
ou dont elles favorisaient la satisfaction. L'Arabe, ou,
pour parler d'une manière plus générale, le sectateur
de l'islamisme, n'avait plus, comme ses ancêtres du temps
du paganisme, un ou deux motifs seulement pour sortir
de son pays et voyager chez les peuples lointains. Avant
Mahomet, le manque d'eau et de pâturages dans des
années de sécheresse, le besoin de se procurer les pro-
ductions de la Syrie et de l'Iràk, ou encore la curiosité
de visiter les cours des Césars et des Cosroës, avaient
pu faire franchir à quelques tribus, à des caravanes ou
à des individus isolés, les limites de la péninsule ara-
bique; mais, après tout, c'était là une bien faible portion
de la race arabe. Il était réservé à l'islamisme de déve-
lopper chez ses sectateurs la passion des voyages, en même
temps qu'il leur facilitait les moyens de la satisfaire. Le
pèlerinage de la Mecque, devenu une obligation pour
tout bon musulman, quelque éloigné qu'il fût du ber-