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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0016 Mission archéologique dans la Chine septentrionale : vol.2
中国北部における考古学的調査 : vol.2
Mission archéologique dans la Chine septentrionale : vol.2 / 16 ページ(白黒高解像度画像)

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doi: 10.20676/00000254
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OCR読み取り結果

téraires, nombreux et anciens, nous attestent que des statues furent
exécutées avant que l'influence du Bouddhisme eût pu se faire
sentir ; pour ne rappeler que les faits les plus connus et les plus
probants, il suffit de mentionner les douze hommes de bronze que
Ts'in Che houang ti fit fondre en 221 avant Jésus-Christ¹, ou en-
core, sous le règne de l'empereur Wou, en 115 avant Jésus-Christ,
le génie de bronze qui tenait dans sa main un plateau destiné à re-
cevoir la rosée². Mais ce qui paraît appartenir en propre au Boud-
dhisme, c'est la valeur morale qu'il a su donner à la figure humaine ;
dans les bas-reliefs des Han, les personnages sont les acteurs d'une
scène déterminée ; leurs attitudes et leurs gestes expriment seuls le
rôle qu'ils jouent ; les visages restent dénués d'expression. Les sta-
tues du Buddha, au contraire, s'éclairent du calme et mystérieux
sourire où, dans un reflet de l'art grec, rayonne la pensée hindoue.
A côté du type du Buddha, l'art bouddhique crée aussi celui du Bo-
dhisattva et celui du moine ; il donne libre carrière à sa fantaisie
dans la représentation des génies et des démons ; il déroule dans
les airs les plis harmonieux des robes flottantes qui drapent le corps
léger des musiciennes célestes ; il campe les dieux guerriers qui
protègent l'entrée des sanctuaires ; il place des deux côtés du brûle-
parfum les lions hiératiques ; il stylise la fleur du lotus ; il encadre
les niches de festons et de guirlandes ; il sculpte sur le roc des pa-
godes en miniature. Dans tout ce décor, il n'y a rien qui rappelle
l'art des Han ; seules les théories de donateurs et de donatrices,
qui n'ont rien de spécifiquement religieux, évoquent parfois le sou-
venir des bas-reliefs du Chan-tong.

Si on recherche quelles sont les origines de cet art nouveau, on
constate tout d'abord qu'il ne fait son apparition pour la première fois,
à Yun-kang, que quatre cents ans après l'époque où le Bouddhisme
fut introduit en Chine ; c'est sans doute la preuve que cette religion
étrangère végéta longtemps avant d'attirer à elle toutes les énergies
de l'âme chinoise. Aussi bien le premier pèlerin chinois Fa-hien,
n'est-il revenu de l'Inde qu'en 413 et la concordance chronologique