National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books
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| 0055 |
Mission archéologique dans la Chine septentrionale : vol.2 |
Citation Information
OCR Text
large. Dans son état de mutilation actuelle, on ne peut voir ni à
quelle date elle fut gravée, ni qui la composa et qui l'écrivit. Mais
Ngeou-yang Sieou, qui a pu connaître ce monument quand il était
mieux conservé, nous apprend (Tsi kou lou, chap. v, p. 10 b-11 a) qu'il
est daté du onzième mois de la quinzième année tcheng-kouan (641),
et, d'autre part, que le texte fut composé par Ts'en Wen-pen 岑文本
et écrit par Tch'ou Souei-leang 褚遂良. Ce Ts'en Wen-pen était
un lettré en renom ; Tch'ou Souei-leang (596-658 ; Giles, Biog.
Dict., nº 494) est plus célèbre encore que lui et sa gloire de calli-
graphe est grande ; cette inscription peut être regardée comme un
des plus beaux spécimens de son écriture. Si cependant, au lieu
de nous borner à étudier l'élégance des caractères ou la beauté du
style, nous examinons le contenu même du texte, nous y trouverons
un intérêt bien plus grand encore. Cette inscription rappelle que
la grotte centrale Pin-yang a été aménagée par T'ai, roi de Wei,
pour le bénéfice de sa mère défunte, l'impératrice Tchang-souen 長
孫, dont le nom posthume est Wen-tô 文德¹. L'impératrice Tchang-
souen était morte en 636, âgée de trente-six ans ; malgré la brièveté
relative de sa vie, elle trouva le moyen de s'illustrer par ses vertus ;
elle ne manquait pas de talent littéraire et avait composé entre
autres ouvrages des Règles pour les femmes (niu tso 女則), en dix
chapitres². Quant à son fils, qui naquit en 618, qui porta le titre
de roi de Wei de 636 à 643, et qui mourut en 652, il attacha son
nom à la composition d'un traité de géographie, le Kouo ti tche 括
地志, qui, publié en 642, est aujourd'hui perdu, mais a pu être
reconstitué partiellement au moyen des très nombreuses citations
qu'en font les commentateurs de Sseu-ma Ts'ien. T'ai, roi de Wei,
était le quatrième fils de l'empereur T'ai-tsong.
L'inscription commence par une fort curieuse comparaison de la
sagesse laïque à la sagesse bouddhique, celle-ci étant naturellement
représentée comme infiniment supérieure et comme étant seule
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