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0032 La Vieille Route de l'Inde de Bactres à Taxila : vol.2
La Vieille Route de l'Inde de Bactres à Taxila : vol.2 / Page 32 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000237
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n'est pas même prononcé; et Hérodote ne reprend pas davantage celui de la Paktyikè (à distinguer
de celle de la XIIIe satrapie), qu'il emploie ailleurs par deux fois (III, 102 et IV, 44) pour désigner
la région montagneuse (dite aujourd'hui des monts Suléimân) qui domine de haut, à l'Ouest, la
plaine de Multân. C'est, nous fera-t-on judicieusement observer, qu'il ne songe nullement à nous
donner une leçon de géographie, mais se borne à recopier un document administratif énumérant
les principales nations contribuables du Trésor impérial. — D'accord : mais en substituant à des
dénominations déjà familières celles des Sakai et des Kaspioi, sa liste et lui n'en ont pas moins
créé quelque confusion dans l'esprit des philologues classiques. En ce qui concerne les Kaspioi,
les hellénistes n'ont songé qu'à corriger cette mention « fautive », pour la raison qu'ils les avaient
déjà rencontrés dans la Xe satrapie et, comme il convenait, près de la mer Caspienne. Quant aux
Sakai, c'est-à-dire aux Scythes, ils les cherchaient non moins naturellement en Scythie, parmi les
tribus nomades répandues sur tous les confins septentrionaux de l'empire, depuis celles du Nord
du Pont-Euxin, contre lesquelles Darius a mené en personne une expédition fameuse, jusqu'à celles
de l'Est de la Caspienne, « par delà la Sogdiane », aux mains desquelles Cyrus a, dit-on, trouvé la
mort. Ils oubliaient qu'il y avait aussi, à l'intérieur des frontières, des tribus scythes, sortes de
sédiments déposés là par les périodiques débordements de l'immense réservoir d'hommes qu'était
la steppe eurasienne (cf. supra, p. 187). Il apparaît donc que, sur ces deux points, les indianistes
peuvent les aider à se tirer d'embarras. Tout d'abord les Kaspioi ne sont pas (on l'a vu) les seuls
peuples qui aient des homonymes dans d'autres satrapies, et leur nom ne réclame aucune correction.
Il s'agit, dans la XVe, des Kass*piyas, ou habitants du pays qui a pour capitale la ville (pura)
de Kass*pa; et cette forme de dérivation est si courante en grammaire indienne que le nom plein
du chef-lieu a encore fourni le doublet de Kass*pa(p)uriyas dans lequel nous devons reconnaître
six cents ans plus tard (après la chute, normale en prâkrit, de l'explosive intervocalique), les Kaspei-
raioi de Ptolémée; car l'astronome-géographe les place, lui aussi, « en aval des sources », c'est-à-dire
sur le cours moyen des trois rivières Jhélam, Chinâb et Râvi. Dans l'un comme dans l'autre cas,
il s'agit donc toujours des gens du Bas-Pañjâb, capitale Kaspapyros-Multân — les mêmes, soit
dit en passant, que les historiens d'Alexandre s'obstinent entre temps, comme pour mieux
nous égarer, à désigner que par leur appellation tribale de Malloi (13). D'autre part, les Sakas
dont il est ici question sont ceux qu'a conquis Cyrus et que Darius a soumis à nouveau après leur
rébellion, ceux-là mêmes qui, dès longtemps incorporés à l'empire, viennent, comme le dit expli-
citement Hérodote, de fournir à Xerxès le gros du contingent scythe enrôlé dans sa grande armée,
bref les Scythes Amyrgioi (Haumavargas) du Sakastâna ou Séistân (14). Dès lors, on s'aperçoit
que les pays respectifs de ces Sakai et de ces Kaspioi ne sont pas tellement écartés l'un de l'autre
qu'ils ne puissent former ensemble un nome; et, comme une clarté ne vient jamais seule, on com-
prend du même coup pourquoi Hékatée spécifie que sa ville « gandarique » de Kaspapyros était
« limitrophe des Scythes » — entendez des Scythes de la Sakastènè.
Mais prenons garde de croire triompher trop vite de nos difficultés. Nous venons fort im-
prudemment de rappeler que, selon Hékatée, Kaspapyros était une « ville gandarique » : or juste-
ment cette ville et les habitants de sa province ne font plus partie sur le tableau d'Hérodote de la
même satrapie que le « Gandâra ». Bien que l'historien attribue à Darius Ier l'organisation fiscale
de l'empire, il faut donc que Xerxès ou Artaxerxès Ier y aient apporté quelques retouches; et l'une
de celles-ci se traduit justement par une répartition nouvelle des districts compris dans l'Afghâ-
nistân et le Pañjâb actuels. Ainsi qu'on peut voir sur la carte (fig. 35), ce vaste domaine a été coupé
en deux parties à peu près égales par une ligne transversale Est-Ouest. Le Gandhâra s'est ainsi
trouvé accru des Sattagydes et autres tribus montagnardes; mais en revanche il a été amputé