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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ
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La Vieille Route de l'Inde de Bactres à Taxila : vol.2 |
| インドからバクトリアのタキシラに到る古道 : vol.2 |
引用情報
OCR読み取り結果
l'Indus, « il fixa à cet endroit, nous dit Arrien, la limite de la satrapie de Philippos », laquelle,
moitié pays de protectorat et moitié pays d'administration directe, « s'étendait au Nord jusqu'aux
montagnes ». Qu'est-ce à dire sinon qu'il s'empresse de reconstituer, dès qu'il le peut, l'unité admi-
nistrative jadis conquise et organisée par Cyrus — celle-là même qui, nous l'avons vu, figurait
sous le nom de « Gandâra » sur l'inscription de Behistân ? Il aura encore besoin de cinq mois de
marches et de contremarches pour soumettre le pays jusqu'au delta du fleuve inclus; mais, quand
sans plus attendre, « il nomme Oxyartès (le père de Roxane) et Peithôn satrapes de la contrée
qui s'étendait depuis le confluent de l'Indus et de l'Akésinès jusqu'à la mer, y compris toute la
côte maritime de l'Inde... », il est non moins clair pour nous qu'il recrée d'avance la satrapie du
Hindu-Sindhu-Sindh, jadis ajoutée par Darius Ier à son héritage et où ce dernier place lui-même
dans l'inscription de Hamadân la limite sud-orientale de son empire (15).
L'urgence de rétablir la vérité historique et de rendre meilleure justice à la mémoire des
grands monarques iraniens nous a entraînés à la suite d'Alexandre plus avant dans la péninsule
que nous n'en avions l'intention. Il n'est pas dans notre programme de raconter une fois de plus
sa campagne de l'Inde, mais simplement de relever son itinéraire à l'intérieur des frontières actuelles
de l'Afghânistân. Remontons donc de cinq ans en arrière et transportons-nous au Khorâsân.
Nous ne sommes encore qu'en 330, et, après une poursuite acharnée, Alexandre vient seulement
de rattraper Darius, ou du moins son cadavre. Mais si le Grand-Roi est mort, vive le Grand-Roi :
et la première idée du vainqueur est de poursuivre avec le même acharnement le régicide Bessos
jusque dans son fief de Bactriane. Il brûle à présent du désir de venger la mort de celui qu'il ne
considère déjà plus comme son adversaire, mais comme un infortuné prédécesseur. Toutefois
il devra attendre longtemps sa vengeance, qui n'en sera que plus cruelle. Alors qu'il marche déjà
sur Bactres par la grand-route de l'Hyrkanie et de la Margiane, la « sédition » de son satrape d'Arie,
Satibarzanès, qu'il a imprudemment confirmé dans sa charge, suivie par celle de Barsaentès, le
satrape de Drangiane, le contraint à prendre ce que nous avons appelé ci-dessus (p. 21) la route
du Sud. Force nous est donc aussi de le suivre d'abord à Artakoana, dans la future Hérât, où
il fonde l'Alexandrie d'Arie; puis à la capitale de la Drangiane qu'il double d'une autre Alexandrie,
laquelle a perdu son nom pour son surnom de Prophthasie (Anticipation) du jour où Alexandre
crut y avoir fait avorter le complot, réel ou supposé, de Philotas, le fils aîné de Parménion; puis
à la capitale de l'Arachosie, près de laquelle il bâtit une troisième Alexandrie; et enfin au site
d'une quatrième, celle qu'il éleva, après avoir remonté en direction du Nord, au pied même du
« Caucase », ainsi que ses compagnons se plurent à baptiser l'Hindûkush; car ce mot éveillait
dans leurs esprits des résonnances familières. En définitive, le long circuit imposé à Alexandre
par la nécessité de rétablir l'autorité impériale sur toute l'Ariane nous fait faire avec lui le tour
complet du massif afghan, et ceci ne va pas sans commentaires. Ce n'est sûrement pas sans raison
qu'au cours d'un trajet relativement restreint, le conquérant ait éprouvé le besoin de fonder
non moins de quatre villes fortes, et il saute aux yeux en regardant la carte (fig. 4) que les quatre
Alexandries d'Arie, de Drangiane, d'Arachosie et du Caucase avaient pour but principal d'enca-
drer le massif afghan et de maintenir ouvertes les grandes voies de communication qui l'enserrent.
Il n'importe que davantage d'identifier les différentes peuplades que l'armée macédonienne a
rencontrées sur son chemin.
Nous ne serons pas autrement surpris que les historiens d'Alexandre n'emploient pas de
bout en bout la même nomenclature que les informateurs d'Hérodote, et ne nomment, par exemple,
ni les Sakas ni les Sattagydes. Mais si certains noms ont changé, il n'en va pas de même des gens.
Nous nous trouvons d'ailleurs pour commencer en pays de connaissance. Les Ariens sont restés
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