National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books
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La Vieille Route de l'Inde de Bactres à Taxila : vol.2 |
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a suivie et jalonnée d'Alexandries ? Nous ne demanderions pas mieux pour notre part, car tout
se trouverait ainsi réglé d'avance : malheureusement nous avons de fortes raisons de craindre que,
de ce côté comme de celui de l'Inde (supra, p. 29 s.), on se soit laissé aller à adopter la ligne du
moindre effort. Assurément il n'est pas raisonnablement permis de douter que la ville indigène
d'Arfakoana et l'Alexandrie d'Arie ne fussent quelque part dans le voisinage d'Hérât, encore
que leur site ne soit pas définitivement fixé. Mais ce n'est sûrement pas à Farâh que se trouvait la
vieille capitale de la Drangiane et son nouveau satellite grec : il faut chercher beaucoup plus
au Sud l'emplacement de Zarang ou Zarânj et de l'Alexandrie-Prophthasia. Il s'ensuit que la
route ancienne — et pouvons-nous ajouter la médiévale — ne côtoyait pas le piedmont d'aussi
près que la moderne et ne franchissait pas comme celle-ci l'Étymander ou Hermandrus (Hélmand)
à Girishk, mais à 40 kilomètres plus au Sud, au « Beste » de Pline l'Ancien, le Bust des géographes
arabes et le Qaleh-é-Bist d'aujourd'hui, juste au-dessus du confluent du fleuve avec l'Arachôtos
(Arghand-âb). Là commençait l'Arachôsie, laquelle occupait proprement les basses vallées de
cette rivière et de ses nombreux affluents. C'est quelque part sur sa rive droite, où se tient tou-
jours la route, qu'il faudrait à notre avis chercher la capitale des Arachôtoi et l'Alexandrie char-
gée de la surveiller. La ville de Kandahâr, encore que leur incontestable héritière, est au contraire
située sur la rive gauche ; et nous savons qu'elle s'est allée se déplaçant de plus en plus vers l'Est,
en direction du Tarnak. C'est qu'elle subissait l'attraction de la route moderne qui emprunte
vers Kâbul et jusqu'aux abords de Ghaznî la vallée de ce sous-affluent : mais cet itinéraire n'appa-
raîtra dans les textes qu'à partir des invasions musulmanes (17). La Relation de Hiuan-tsang nous
donnera au contraire à penser (infra, p. 237) que, jusqu'au VIIe siècle au moins, la grande voie
de communication entre l'Arachôsie et le Kapiça longeait l'Arghand-âb. Ce chemin était assurément
plus difficile que l'actuel, car la carte anglaise montre qu'il était à chaque pas coupé par des torrents
latéraux : mais ainsi en avait apparemment décidé la fertilité de cette vallée bien arrosée ; et la
richesse archéologique (signalée, non encore vérifiée) du pays de Jâguda, pour lui rendre son ancien
nom sanskrit, vient à l'appui de cette hypothèse. Deux autres considérations, l'une historique
et l'autre géographique, peuvent encore l'étayer. La première est que l'emploi de cette voie, aujour-
d'hui délaissée, justifierait mieux le récit des difficultés considérables qu'aurait rencontrées l'armée
grecque ; la seconde est que la grande route actuelle de Ghaznî à Kâbul, au lieu de descendre
le Logar, continue à déboucher dans l'angle Sud-Ouest du trapèze de montagnes qui entoure
le Kapiça. Hiuan-tsang nous confirmera bientôt que, de son temps, la route de Kâpiçi continuait
de là à filer au Nord, en serrant de près le pied des montagnes de Paghmân, et en laissant Kâbul
à une trentaine de kilomètres sur sa droite (cf., p. 31, la fig. 7 et infra, p. 214 et 232) ; et, soit rappelé
en passant, la situation de cette ville à l'écart de la grande artère Nord-Sud nous expliquerait
du même coup pourquoi il est si peu question d'elle dans les textes anciens. Mais bien que toutes
ces données finissent par former un faisceau assez solide, nous nous gardons bien de les donner
comme acquises. Nous estimons au contraire que les diverses questions que nous venons de sou-
lever n'ont pas encore retenu suffisamment l'attention des spécialistes.
Contentons-nous donc pour l'instant de savoir en gros qu'Alexandre a finalement réussi à
contourner et, dans sa partie orientale, à traverser le massif central de l'Afghânistân. Arrivé
au pied du prétendu « Caucase », il y fonde une Alexandrie de plus, et l'utilise tour à tour comme
base de départ dans les deux sens, d'abord pour son expédition de Bactriane, puis pour celle de
l'Inde. Comme cette ville forte commandait notre route, il nous incomberait de la localiser exac-
tement. Il est malheureusement difficile de fixer à première vue son choix entre les diverses bour-
gades qui, à la pointe septentrionale du Kôh-Damân, dans un rayon de 10 kilomètres, peuvent
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