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0043 La Vieille Route de l'Inde de Bactres à Taxila : vol.2
La Vieille Route de l'Inde de Bactres à Taxila : vol.2 / Page 43 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000237
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afghan et de ses ramifications en direction de la mer Érythrée, sauf dans la mesure où il était
nécessaire de maintenir ouvertes les voies de communication qui avaient dû se résoudre à les
traverser pour parvenir jusqu'aux riches provinces indiennes. Du moment où celles-ci étaient
perdues sans espoir de retour, mieux valait pour Séleukos abandonner par-dessus le marché toutes
ces contrées improductives en échange des 500 éléphants — ces tanks de l'antiquité — qui devaient
lui assurer à Ipsos, avec sa victoire, la possession définitive de son « Asie » occidentale. Il ne conserve
donc, outre la région située au nord de l'Hindûkush, que la meilleure part de l'Arie, la Sakastènè
et la partie de la Gédrôsie limitrophe de la Karamanie, tous pays purement iraniens et qu'il lui
était facile de tenir solidement. Du même coup le Maurya entre en possession plus ou moins nomi-
nale de la totalité des VIIe et XXe satrapies et de la meilleure moitié de la XVe et de la XVIIe, bref
de tout ce qui représentait les empiétements de l'Irân depuis l'avance de Cyrus. L'Inde brune
récupère, avec l'« Inde blanche », ses vieilles frontières naturelles, et pour un temps trop court
un heureux équilibre s'établit entre le Proche et le Moyen Orient. Les Séleucides n'entretiennent
plus avec les Mauryas que des relations courtoises, et notre route n'est plus fréquentée, en dehors
des missions diplomatiques de Mégasthène, de Daïmachos et de Dionysos, que par des caravanes.
Tout ce que l'antiquité classique a appris de plus exact sur l'intérieur de la péninsule lui a été
transmis durant cette trêve passagère entre l'Inde et l'Irân.

C'était trop beau pour durer. Déjà l'empire d'Alexandre achève de se disloquer et il en
va de même, aussitôt après la mort d'Açoka (vers 236), de celui des Mauryas. Les premiers à
profiter, dès le milieu du IIIe siècle, des embarras des Séleucides sont, d'une part, le satrape grec
de la riche province de Bactriane ( y compris ses deux dépendances de Margiane et de Sogdiane),
Diodotos; et d'autre part, Arsacès, le chef d'une obscure tribu scytho-parthe dont la dynastie —
tout comme celle des Turks Kâjars fondée dans la même région par Âghâ-Mohamed à la fin du
XVIIIe siècle — finit par s'asservir le reste de l'Irân. Ceci nous intéresse directement; car désor-
mais la grand-route entre l'Occident et l'Orient va se trouver coupée politiquement, quoique non
encore interdite au commerce des marchandises, des arts et des idées. C'est en vain qu'Antiochos III
entreprend de réduire l'une et l'autre rébellion. Après avoir obtenu en apparence la soumis-
sion d'Arsacès III, il aurait, en 208, forcé l'entrée de la Bactriane au gué de l'Arius, c'est-à-dire
de l'Héri-rûd, sans doute sur son cours inférieur et juste avant sa perte dans l'oasis de Tejen.
Poussant sa pointe vers l'Est, il dut passer par Merv et Andkhoï (26) avant d'atteindre, 160 kilo-
mètres plus loin, la ville de Bactres où le satrape d'alors, Euthydème de Magnésie, s'était enfermé,
justement confiant dans les formidables remparts de l'Arg et du Bâlâ-Hisâr (fig. 10 et pl. VII-VIII).
On discute encore pour savoir si le siège de l'imprenable Bactres, resté fameux dans l'histoire
grecque et qui aurait duré deux ans, est, comme il est probable, celui que soutint Euthydème
contre Antiochos ou, une génération plus tard, Eukratidès contre Démétrios, le fils d'Euthydème.
Toujours est-il que, de guerre las, les deux dynastes grecs finirent par écouter la voix de la raison
et reconnaître quelle folie était la leur de se battre ainsi entre eux sous l'œil expectant des Bar-
bares tout proches. Ni vainqueur ni vaincu, mais ravitaillé, Antiochos reprend, après Alexandre
et Séleukos Ier Nikâtor, la grand-route de l'Inde : toutefois il ne nourrit aucune idée de conquête de
ce côté, et il semble que ce soit avant tout pour lui une question de prestige que d'accomplir ce vaste
circuit au lieu de paraître revenir sur ses pas. On se souvient que le versant méridional de l'Hindûkush
était redevenu Indien depuis un siècle. Quelle est exactement la situation de ce Saubhagasêna
(Sophagasenas, transcrit exactement Polybe) qu'Antiochos trouva en possession non seulement
de la Gandaritis, mais encore des Paropanisades et de l'Arachôsie, autrement dit des « Yônas,
Kambôjas et Gandhâras » des inscriptions d'Açoka (cf. infra, p. 270) ? Selon toute vraisemblance,

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