National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books

> > > >
Color New!IIIF Color HighRes Gray HighRes PDF   Japanese English
0048 La Vieille Route de l'Inde de Bactres à Taxila : vol.2
La Vieille Route de l'Inde de Bactres à Taxila : vol.2 / Page 48 (Grayscale High Resolution Image)

New!Citation Information

doi: 10.20676/00000237
Citation Format: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR Text

d'Arie, une autre trifurcation les réunissait à nouveau dans les Paropanisades, c'est-à-dire dans ce
que nous appelons la « vallée de Kâbul » ; et si nous pouvions prendre Orthostanum = Ûrdha-
sthâna dans l'acception générale de « Haut-pays » ou, comme on dit à présent, de Kôhistân, l'asser-
tion, en soi incontestable, ne prêterait à la critique que par son absence de précision. Mais si, comme
il semble, il s'agit d'un lieundit, il nous incombe de chercher à localiser la place où les trois routes
se ressoudaient à nouveau pour former l'amorce de l'ancienne, comme de l'actuelle Trunk Road
de l'Inde.

Nous n'essayerons pas de dissimuler que notre premier mouvement fut de chercher l'antique
carrefour là où Alexandre et Hiuan-tsang sont d'accord pour nous conduire, c'est-à-dire à l'endroit
où la vieille route de Bactres par Kâpiçi et le Lampaka franchissait la Kubhâ un peu en amont de
Nagarahâra, et par suite de Jelâlâbâd, dans le district actuel de Darunta. Là aboutissaient égale-
ment et aboutissent toujours une piste directe, bien que peu fréquentée, qui vient de Kâbul en
suivant la rivière, et le chemin qui, par Gardéz, la passe de Ghazgai et la vallée du Surkh-rûd
arrive de Ghazni et Kandahâr. Là, par conséquent, se trouvait, jadis comme aujourd'hui, une
trifurcation au Nord-Ouest vers la Bactriane, à l'Ouest vers l'Arie et au Sud-Ouest vers l'Arachosie :
ne serait-ce pas celle que nous cherchons ? Ainsi, raisonnons-nous sans doute, si nous ne possé-
dions que l'exposé de Strabon : mais aucun raisonnement ne saurait prévaloir contre un texte
apportant un fait nouveau ; et le fait est que Ptolémée donne les mêmes coordonnées (et, soit dit
en passant, la latitude est sensiblement exacte) à la fois pour Ortospana et pour Karoura (lire :
Kaboura), c'est-à-dire, selon toute vraisemblance, Kâbul (36).

Bornons-nous pour l'instant à saluer l'avènement de cette ville dans l'histoire (elle fera
bientôt plus amplement parler d'elle, infra, p. 245 s.) et acceptons-en les conséquences immédiates.
Il est aisé d'admettre que, cédant à l'inévitable attraction de la transversale Nord-Sud menant
d'Alexandrie-sous-Caucase à Alexandrie d'Arachosie, le point de rencontre des trois grandes routes
se soit déplacé vers l'Ouest, sans d'ailleurs quitter l'axe Est-Ouest allant droit d'Alexandrie
d'Arie à Peukélaôtis : mais on n'aurait pu deviner qu'il avait été reporté depuis sa place naturelle
au pied du plateau iranien et aux abords de Nagarahâra jusque sur le plateau même et à proximité
de Kâbul — bien entendu du vieux Kâbul, sur le Logar (supra, p. 146). Il semble d'ailleurs, le
premier moment de surprise passé, que sa localisation en doive être facilitée. Sur la foi des données
de Ptolémée on considère, en dépit de la dualité des noms, les deux villes ainsi géminées de
Kaboura et d'Ortospana comme identiques, ce qui est peut-être trop dire ; mais il reste
qu'elles devaient être fort voisines, et dès lors la tentation devient très forte de retrouver Ortospana
dans une localité que son nom désigne comme la jumelle de Kâbul, à savoir Khord-Kâbul ( Petit-
Kâbul ). Le fait que ce village se trouvait encore récemment sur la route carrossable de la capitale
actuelle à Peshâwar et que ses 2.137 mètres d'altitude justifieraient éventuellement l'appellation
d'Orthostanum, si celle-ci est correcte, n'est pas la seule raison qui milite en sa faveur. De ce faite,
le vieux sentier jalonné par le Minâr-Chakri (supra, p. 147) conduit toujours à Shêvaki, sur l'em-
placement de Kaboura et de là vers l'Ouest ; un autre rejoint, au Sud-Ouest, la vallée du Logar
(Locharna), qui est une des deux voies vers Ghazni ; un troisième, enfin, après avoir emprunté
(comme le faisait d'ailleurs aussi la route moderne jusqu'à But-Khâk) le val d'un torrent aujourd'hui
pourvu d'un barrage de retenue, sillonne du Sud au Nord le Kapiça en longeant les mon-
tagnes de sa lisière orientale (voyez la carte de la fig. 7). L'identification satisfait donc à toutes
les données du problème, sauf, toutefois, sur un point, et qui est d'importance. Nous avons,
en effet, les meilleures raisons de penser que, du temps d'Alexandre à celui de Hiuan-tsang (cf. supra,
p. 202 et infra, p. 232), la vieille route de l'Arachosie débouchait dans le trapèze du Kapiça, tout