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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0066 La Vieille Route de l'Inde de Bactres à Taxila : vol.2
インドからバクトリアのタキシラに到る古道 : vol.2
La Vieille Route de l'Inde de Bactres à Taxila : vol.2 / 66 ページ(白黒高解像度画像)

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doi: 10.20676/00000237
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OCR読み取り結果

pour les Vrijis du Tirhut. Il est difficile de ne pas croire que l'Ujaristân de la carte anglaise nous
conserve de son côté une autre déformation du nom originel; et il est visible que nous nous
trouvons dans l'angle Sud-Est du futur Gharjistân ou « pays de montagnes » des géographes arabes,
avant que cette désignation ne finisse par se rétrécir au bassin du haut Murgh-âb. Du même coup
nous avons pénétré dans le repaire des vieux Sattagydes ou, comme on dit à présent, des Hazâreh;
et aussitôt reviennent comme un refrain déjà entendu (supra, p. 201) les observations coutumières
sur le caractère glacial du climat et l'humeur farouche des naturels qui ne parlent même pas la
même langue que leurs voisins. Un trait, qui a été très commenté, s'y ajoute : « Le roi (c'est-à-dire
le potentat local auquel le monarque du Kapiça est venu rappeler sa vassalité) est de la race des
T'ou-kiue ». Il se peut qu'il ait été un féodal hephtalite survivant à l'abri de ses montagnes; et
rien n'empêche non plus, à l'époque où nous sommes, qu'un batteur d'estrade turc, lancé à l'avant-
garde de sa horde, se soit taillé un fief dans les montagnes des Paropanisades. Mais nous ne pouvons
oublier que le pèlerin en est à sa première et seule visite au Hazârajât : aussi inclinons-nous à
croire que devant le facies mongol du roi, quand celui-ci parut à l'audience de son suzerain,
Hiuan-tsang ait cru reconnaître un homme originaire de l'Asie centrale, alors qu'il n'avait en
fait, devant les yeux, qu'un « Tibétain » de vieille souche locale. Que de fois n'avons-nous pas été
tentés de prendre tel de nos coolies hazâreh pour un Chinois ! De toute façon, nous avons déjà
affaire dans ce roi des montagnes à un shâr du Gharjistân (29).
Nous sommes ainsi en mesure de faire assez exactement le point à chacune des grandes
haltes de la tournée royale; mais il est plus malaisé de relever de bout en bout le chemin qu'elle
a suivi. Pas plus que les Mémoires et la Biographie ne nous disent jusqu'où elle s'est aventurée
dans le Sud, ils ne précisent jusqu'où elle s'est enfoncée vers l'Ouest, ni non plus à quel endroit
elle a rejoint la route qui l'a ramenée au Kapiça; et, quand le pèlerin s'est séparé de son hôte royal,
ils ne nous révèlent pas davantage quel versant des montagnes de Paghmân il a choisi de longer,
ni quelle passe particulière de l'Hindûkush il a empruntée: tous renseignements qui auraient
singulièrement facilité notre tâche. Nous ne pouvons donc tracer cette partie de son itinéraire
que sous toutes réserves, d'autant que ni le Jâguda, ni le Vriji-sthâna, ni même l'intérieur du
quadrilatère dessiné par les deux routes de Kâbul à Bâmyân (cf. fig. 6 et 7) n'ont été jusqu'ici explorés.
Voici ce qui paraît, pour l'instant, le plus vraisemblable. A partir des sources de l'Arghand-âb,
une marche d'environ 500 li ou 165 kilomètres dans la direction du Nord amène par le Dast-é-
Nâwar et la passe de Bokan (3.260 m.) dans la haute vallée du Logar ou plutôt de son affluent,
le Khavat — nom dont l'antiquité nous est attestée sous la forme Khavada par l'inscription
prâkrite du vase dit de Vardak. Il vaut la peine de noter au passage que ce district de l'ancien
Vriji-sthâna est toujours réputé pour le nombre de ses antiquités bouddhiques et de rappeler à
ce propos que le souci d'« adorer les sacrés vestiges » se mêlait aux préoccupations administratives
dans le programme du circuit gouvernemental (30). De là, pour gagner le Kapiça, il nous faudra
effectivement marcher d'abord « dans la direction du Nord-Est » pour passer de la vallée du Khavat
dans celle du Kâbul-rûd et, par conséquent, rejoindre, soit du côté de Jalrêz, la route d'Hérât à
Kâbul par l'Hazârajât, soit, vers l'étape de Maidân, celle de Kandahâr à Kâbul par Ghazni.
Celle-ci, comme nous avons eu déjà l'occasion de le dire (supra, p. 214), coupe celle-là près du bourg
d'Arghandi et tourne avec elle droit à l'Est : aussi est-ce « allant vers l'Est », comme le spécifie
la Biographie, que le cortège royal aborda finalement « les frontières du Kapiça ». Là, nouvelle
halte de sept jours et nouvelle distribution d'aumônes. Cependant la saison s'avançait et le pèlerin
savait que, pour regagner sa lointaine patrie, il lui restait à traverser l'Hindûkush et les Pâmirs.
Ses instances lui obtiennent à ce moment son congé : mais il faut encore prendre le temps de