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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0072 La Vieille Route de l'Inde de Bactres à Taxila : vol.2
インドからバクトリアのタキシラに到る古道 : vol.2
La Vieille Route de l'Inde de Bactres à Taxila : vol.2 / 72 ページ(白黒高解像度画像)

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doi: 10.20676/00000237
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n'en souffle pas mot ; et ce qu'il nous faut retenir ici, c'est moins ce qu'il nous dit que ce qu'il nous laisse entendre. Directement ou indirectement, son témoignage met hors de doute le fait que les Sassanides, si fort en recul sur leur frontière Nord-Est, étaient demeurés ou rentrés en possession de la Gédrôsie comme de l'Arachôsie, du Séistân et de la Drangiane (39). Du même coup il nous explique sans y penser le tour paradoxal que va prendre la suite des événements. Rien n'est plus déconcertant pour l'historien que les voies, moyens et étapes de la progression de la conquête islamique du côté de l'Inde. Pour formuler d'emblée la question capitale, comment comprendre que les Musulmans se soient emparés du Sindh et de Multân dès les premières années du VIIIe siècle, alors qu'ils ont attendu trois cents ans de plus pour s'installer à demeure dans le territoire contigu du Haut-Pañjâb ? La réponse à cette énigme vient de nous être fournie à l'avance. Si peu engageantes qu'aient paru aux émissaires des premiers khalifes les routes qui menaient de la Karamanie au Sindh à travers la Gédrôsie (40), du moins elles leur avaient été immédiatement ouvertes, avec toutes celles de la Perse, par leurs décisives victoires de Qâdisiya (636) et de Nihâvand (642). Il n'en alla pas de même pour la vieille voie des invasions de l'Inde par le Nord-Ouest, non plus que pour la traverse Nord-Sud du Kapiça à l'Arachôsie. Le contrôle de celles-ci avait depuis longtemps échappé aux Sassanides et passé dans des mains plus vigoureuses : aussi seront-elles, comme nous allons voir, longuement disputées aux rapides conquérants de l'Irân.