National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books
|
|
Color Thumbnail -
Table of Contents -
Page Number -
Biliographic Information (Metadata) -
Caption -
Color Image -
Gray HighRes. Image -
Facing Pages -
Graphics -
| 0107 |
La Vieille Route de l'Inde de Bactres à Taxila : vol.2 |
Citation Information
OCR Text
donne le modèle accompli de l'« ancien style ». L'un de ceux de Takṣhaçilâ a désormais repris dans
les publications de l'Archæological Survey son vieux nom, attesté par plus d'une inscription,
de Dharma-râjikâ. Qu'un autre, voisin de la ville de Po-lou-cha, sur la rive droite de l'Indus, remonte
aussi à un temps voisin de celui d'Açoka, ainsi qu'on l'a assuré à Hiuan-tsang, nous l'admettrons
d'autant plus aisément que tout à côté subsiste encore l'inscription dite de Shâhbâz-Garhî, authen-
tique production du même empereur. Deux étapes plus loin, autour de Pushkarâvatî, la vieille
capitale gandhârienne, l'assertion se répète avec la même vraisemblance. Enfin, à Nagarahâra
même, nous retrouvons, outre le stûpa d'Ahin-posh dont la ressemblance avec la Dharma-râjikâ
de Taxila nous a dès l'abord frappés (supra, p. 152), tous les « tumuli » que Ch. Masson décrit comme
« consistant en un soubassement surmonté d'une coupole » (7). Mais à partir de Jelâlâbâd —
constatation curieuse à noter et qui corrobore singulièrement notre confiance dans la valeur des
renseignements recueillis par Hiuan-tsang — c'est en vain que nous continuerons à feuilleter à
rebours les pages de sa Relation pour y trouver d'autres « stûpa d'Açoka ». C'est tout juste si le
pèlerin signale encore au Kapiça, sur la colline de Pilu-sâr, le premier qu'il ait rencontré en venant
de l'Asie centrale : dans l'Hindûkush et au delà, ni le nom ni la chose ne paraissent plus. En revanche
plus tard, sur la voie du retour, Hiuan-tsang en notera un bon nombre, non seulement dans l'Inde
de l'Ouest et le Sindh, mais jusque dans le pays de Jâguda en Afghânistân. En résumé, nous sommes
autorisés à penser, sous bénéfice d'inventaire, que dans les décades qui suivirent la pieuse initiative
d'Açoka, le bouddhisme déjà prospère au Pañjâb et au Sindh, avait pénétré dans la vallée de la
Gômatî (et sans doute aussi de la Krumu) en même temps que dans celle de la Kubhâ. Toutefois,
à une exception près, il ne paraît pas avoir dépassé, en remontant celle-ci, les environs de Naga-
rahâra ; en d'autres termes il se serait arrêté de ce côté, ainsi que l'on pouvait s'y attendre, au pied
du plateau iranien et à la frontière climatique de l'Inde (cf. supra, p. 36). Mais les nombreuses
mentions de « stûpa d'Açoka » en Udiyâna nous donnent à croire qu'il s'était de bonne heure infiltré
du Gandhâra dans les vallées voisines du Bûnêr, du Svât et du Pañjkora. Ceci n'est pas une pure
supposition : la dédicace d'une cassette à reliques provenant du Svât et émanant du méridiarque
Théodôros lui avait déjà donné quelque consistance ; elle est devenue une certitude depuis que du
fond du Bajaur est sortie une autre cassette dédiée par un roi indigène vassal de Ménandre et
sous le règne de ce dernier, donc au plus tard vers le milieu du IIe siècle avant notre ère (8).
La Conversion de Ménandre. — Il était inévitable qu'au cours de notre enquête le nom
du grand roi indo-grec se présentât à nouveau sous notre plume (cf. supra, p. 212-3), et cette fois
nous ne pouvons esquiver la question si controversée de sa conversion au bouddhisme. Avouerons-
nous qu'avec le progrès des études notre scepticisme sur ce point tend à faiblir ? Comme le cas
du méridiarque Théodôros vient de nous le prouver, il n'aurait pas été le seul Grec à subir l'attirance
d'une doctrine qui présentait tant de rapports avec celle du sage Épicure et qui, de nos jours
encore, séduit plus d'un Européen. Peut-être n'a-t-on pas tenu assez compte du fait que, né et
élevé dans le pays, il en savait sûrement la langue, et qu'en dépit de l'éducation hellénique qu'en
sa probable qualité de fils de simple marchand il avait pu tant bien que mal recevoir — sinon
au Kapiça redevenu indien, du moins de l'autre côté des monts, en Bactriane demeurée grecque —,
l'ambiance locale avait agi sur lui depuis sa plus tendre enfance. Lisez, si vous ne l'avez lu, le Kim
de Rudyard Kipling, et vous concevrez mieux à quel point l'Inde peut modifier le teint et la
mentalité d'un adolescent aux yeux bleus. Que dès sa jeunesse, puis à l'occasion de ses
expéditions dans le Pañjâb et le bassin du Gange, Ménandre ait été gagné peu à peu par
la vénération que l'Inde a toujours professée pour la vie spirituelle conjuguée avec la
36
1
.
.
.
.
|
.
.
.
.
11
.
.
.
.
|
.
.
.
.
21
.
.
.
.
|
.
.
.
.
31
.
.
.
.
|
.
.
.
.
41
.
.
.
.
|
.
.
.
.
51
.
.
.
.
|
.
.
.
.
61
.
.
.
.
|
.
.
.
.
71
.
.
.
.
|
.
.
.
.
81
.
.
.
.
|
.
.
.
.
91
.
.
.
.
|
.
.
.
.
101
.
.
.
105
106
107
108
109
.
111
.
.
.
.
|
.
.
.
.
121
.
.
.
.
|
.
.
.
.
131
.
.
.
.
|
.
.
.
.
141
.
.
.
.
|
.
.
.
.
151
.
.
.
.
|
.
.
.
.
161
.
.
.
.
|
.
.
.
.
171
.
.
.
.
|
.
.
.
.
181
.
.
.
.
|
.
.
.
.
191
.
.
.
.
|
.
.
.
.
201
.
.
.
.
|
.
.
.
.
211
.
.
.
.
|
.
.
.
.
221
.
.
.
.
|
.
.
.
.
231
.
.
.
.
|
.
.
.
.
241
.
.
.
.
|
.
.
.
.
251
.
.
.
.
|
.
.
.
.
261
.
.
.
.
|
.
.
.
.
279
280
Copyright (C) 2003-2026
National Institute of Informatics
and
The Toyo Bunko. All Rights Reserved.