National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books
|
|
Color Thumbnail -
Table of Contents -
Page Number -
Biliographic Information (Metadata) -
Caption -
Color Image -
Gray HighRes. Image -
Facing Pages -
Graphics -
| 0162 |
La Vieille Route de l'Inde de Bactres à Taxila : vol.2 |
Citation Information
OCR Text
travaillent à débrouiller les voies et moyens de la transmission en Orient des procédés et des motifs
de l'art hellénistique.
Le mécanisme de l'influence. — L'intérêt de ces dernières remarques apparaît clairement
dès que, se refusant à se laisser payer de mots, on cherche ce qu'il faut mettre sous cette expression
abstraite de l' « influence artistique ». A quiconque prend souci de l'analyser, deux explications
bien différentes s'offrent aussitôt. La première est celle que l'on pourrait appeler la théorie du
« Græculus esuriens (18) » : elle met tout sur le compte des artistes itinérants que les manuels
d'archéologie classique nous montrent se répandant aux environs de notre ère à travers tout
l'empire romain, depuis les colonnes d'Hercule jusqu'au par delà l'Euphrate et le Tigre : praticiens
habiles et possédant à fond le répertoire hellénistique, prêts à accepter n'importe quelle commande,
créant chemin faisant des images à tous les dieux qui en manquaient encore, aussi bien en
Gaule qu'en Perse, et pour la plupart d'origine grecque; car où n'y avait-il pas de Grecs alors,
de Gadès à Séleucie et même jusqu'à Taxila ? La seconde théorie pourrait recevoir le sobriquet
de « système de la tache d'huile » : pour elle, tout s'explique par la lente extension d'un mouvement
social n'intéressant pas seulement les manifestations artistiques, mais tous les aspects de la vie
courante, et qui, gagnant petit à petit et imprégnant plus ou moins profondément les populations
autour des centres constitués par les villes orientales érigées en cités grecques, aurait fini par cou-
vrir, à tout le moins d'un miroitement superficiel, toute l'Asie antérieure. Ne rougissons pas d'avoir
l'esprit ainsi fait qu'il préfère les moyens termes les plus plats aux plus brillants paradoxes et tende
à admettre qu'en l'espèce les deux thèses ont tort et raison à la fois — raison en tant qu'elles se
confirment mutuellement, et tort en ce qu'elles croient se contredire. Après tout, il en serait de
la propagation de ces mystérieuses « influences » comme de celle des épidémies. Assurément celles-ci
autant que nous sachions, ne s'étendent que pas à pas, d'un pays à un pays limitrophe, et à condi-
tion de trouver dans ce dernier un milieu favorable chez des gens en état de réceptivité; mais,
d'autre part, elles n'y pénètrent qu'à condition d'y être introduites par des individus porteurs
de germes infectieux : et ainsi les deux modes de contamination se supposent et se renforcent l'un
l'autre.
Après le rapide coup d'œil que nous avons jeté sur l'Asie occidentale, nous sommes peut-
être en mesure d'expliquer d'une manière provisoirement satisfaisante l'introduction de la technique
hellénistique chez les imagiers gandhâriens. Il suffira de résumer ce que nous venons d'apprendre.
Tout d'abord, cette influence artistique n'est que l'aspect le plus visible et tangible de la teinture
d'hellénisation qu'a reçue le district au cours d'un siècle de domination grecque (entre 180 et 75
avant notre ère). Cette force de pénétration singulière, nous savons à présent où le régime Yavana
l'a puisée : c'est avant tout dans le fait qu'il prolongeait dans l'Orient moyen l'action grécisante
exercée dans le proche Orient par la domination séleucide. Au fond l'art gréco-bouddhique ne
serait donc, comme on l'a écrit, « que le provignement le plus oriental de l'école gréco-asiatique qui
avait déjà introduit sa technique en Perse (19) »; et c'est justement pourquoi nous constations
tout à l'heure que toute lumière projetée sur l'art de l'Irân se réfléchissait sur celui de l'Inde du
Nord-Ouest. Tout cela se tient parfaitement. Mais, d'autre part, il n'y a plus personne pour croire,
comme on faisait naguère, que, littéraires ou plastiques, les œuvres d'art poussent spontanément
dans l'imaginaire milieu de la « conscience populaire ». Même les créations collectives comme
les épopées et les écoles de peinture ou de sculpture ont leurs initiateurs : et la véritable révolution
opérée dans les ateliers du Gandhâra ne peut s'expliquer que par l'intervention d'artistes et non
simplement par l'importation de modèles, ni même de carnets de motifs, provenant de l'étranger.
1
.
.
.
.
|
.
.
.
.
11
.
.
.
.
|
.
.
.
.
21
.
.
.
.
|
.
.
.
.
31
.
.
.
.
|
.
.
.
.
41
.
.
.
.
|
.
.
.
.
51
.
.
.
.
|
.
.
.
.
61
.
.
.
.
|
.
.
.
.
71
.
.
.
.
|
.
.
.
.
81
.
.
.
.
|
.
.
.
.
91
.
.
.
.
|
.
.
.
.
101
.
.
.
.
|
.
.
.
.
111
.
.
.
.
|
.
.
.
.
121
.
.
.
.
|
.
.
.
.
131
.
.
.
.
|
.
.
.
.
141
.
.
.
.
|
.
.
.
.
151
.
.
.
.
|
.
.
.
160
161
162
163
164
.
|
.
.
.
.
171
.
.
.
.
|
.
.
.
.
181
.
.
.
.
|
.
.
.
.
191
.
.
.
.
|
.
.
.
.
201
.
.
.
.
|
.
.
.
.
211
.
.
.
.
|
.
.
.
.
221
.
.
.
.
|
.
.
.
.
231
.
.
.
.
|
.
.
.
.
241
.
.
.
.
|
.
.
.
.
251
.
.
.
.
|
.
.
.
.
261
.
.
.
.
|
.
.
.
.
279
280
Copyright (C) 2003-2026
National Institute of Informatics
and
The Toyo Bunko. All Rights Reserved.