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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ
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| 0177 |
La Vieille Route de l'Inde de Bactres à Taxila : vol.2 |
| インドからバクトリアのタキシラに到る古道 : vol.2 |
引用情報
OCR読み取り結果
exemples typiques de ce qui se sculptait alors, deux idoles évidemment tardives, sorties des der-
nières fouilles de Takht-i-Bahi, et d'autant plus intéressantes à nos yeux que, procédant (avec des
détails plus ou moins aberrants) de la formule du « Grand prodige », elles constituent elles-mêmes
des « têtes de série » pour leurs congénères de la Haute et Basse-Asie. La première nous montre le
Buddha vêtu jusqu'au cou, en méditation (et non enseignant), et assis sur un trône (et non sur
le lotus magique) ; sur les deux côtés de la stèle sont assis en bas deux Bodhisattvas mal carac-
térisés, et au-dessus deux divinités debout, d'aspect banal, tiennent chacune une girlande. Ce
sont là autant de traits nettement archaïsants ; en revanche, de part et d'autre de la figure centrale
qu'elles auréolent, sont rangées en éventail, comme autant d'émanations irradiées par elle, huit
figurines représentant sans doute les sept « Buddhas humains » de notre âge du monde en compagnie
du Messie Maitreya, et cette bizarre disposition, laquelle peut d'ailleurs se relever sur des stèles
relativement plus anciennes, est visiblement à l'origine des compositions encore plus fleuries que
Sir Aurel Stein a exhumées des sables de Rawak près de Khotân et qu'Albert Grünwedel a signalées
à Qyzyl, près de Kuča (cf. AgbG., fig. 78-9 et II, p. 690). Voici enfin l'innovation la plus originale
et destinée à rester la plus durable : autour du parasol, décoré d'un croissant de lune, qui s'étale
au-dessus de la tête du Maître, cinq Buddhas assis dans les airs sur des lotus ne peuvent être que
les Dhyâni-Buddhas en qui nous avons ci-dessus (p. 288) reconnu la contrepartie des Amshaspands
mazdéens. L'autre image (AgbG., fig. 485), beaucoup plus sobre, nous montre le Buddha ensei-
gnant, l'épaule droite découverte, entre deux Bodhisattvas debout sur des lotus, qui tiennent déjà
les attributs caractéristiques de Maitreya et d'Avalokitéçvara : mais elle porte encore plus clai-
rement la marque de l'influence sassanide dans la pose qu'elle assigne au Maître. Ce détail, qui frappe
à peine l'œil des Européens, ne témoigne de rien moins que d'une révolution dans l'iconographie
bouddhique. Pour la première fois le Çâkya-muni renonce à s'accrourir dans la posture tradition-
nelle des yogin de l'Inde pour s'asseoir à notre mode ; et la façon dont il se tient assis bien carrément,
de face, les genoux écartés et un tabouret sous les pieds, montre aussitôt que le sculpteur s'est
inspiré des représentations des rois sassanides. Ce n'est pas que nous oubliions l'existence à Mathurâ
de statues de dynastes kushânas assis de même sur leur trône : mais, cette fois encore, il aura fallu
attendre que la tradition cédât à l'influence des concepts nouveaux et qu'une association d'idées
fût devenue courante entre la notion des « Buddhas de majesté » et la pompe des effigies
royales. Nous ferions donc volontiers descendre la création du type jusqu'au IVe siècle, c'est-à-dire
jusqu'au temps auquel M. J. Hackin rapporte également les peintures qu'il a découvertes à
Dokhtar-é-Naushirvân et qui nous montrent un prince sassanide pareillement assis. Notons que
les deux figures de stuc affectant la même pose qui ont été trouvées à Jaulián, près de Taxila,
voisinaient avec des monnaies kushâno-sassanides. Une dernière raison milite en faveur d'une
date assez basse. On sait avec quelle rapidité les modèles nouveaux, une fois adoptés par la commu-
nauté, se propageaient grâce à l'imagerie colportée par les pèlerins, laïques ou moines, d'un bout
à l'autre du monde bouddhique ; or, ce n'est que sous les Guptas que nous voyons les Buddhas
« assis à l'européenne » — c'est « à la sassanide » qu'il eût fallu dire — apparaître tant à Bénarès
qu'à Ajantâ, d'où ils pénétrèrent bientôt jusqu'en Chine et jusqu'à Java (36).
Nous gagnons ainsi de proche en proche les débuts du Ve siècle, lequel a coïncidé avec la
grande destruction des sanctuaires et des monastères du Gandhâra par les Huns Hephtalites, et
nous n'avons aucune raison pour poursuivre plus avant l'histoire de la sculpture gandhârienne ;
car celle-ci n'a sûrement pas participé à ce que nous avons appelé ailleurs la « survie de l'école »
sous la pieuse domination des Turcs convertis au bouddhisme. Beaucoup diront peut-être qu'il
n'y a guère lieu de le regretter, au point où elle était déjà tombée. Il est certain qu'elle semble
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