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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ
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La Vieille Route de l'Inde de Bactres à Taxila : vol.2 |
| インドからバクトリアのタキシラに到る古道 : vol.2 |
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*L'expansion sassanide.* — A peine les envahisseurs barbares achevaient-ils de se couler avec
plus ou moins de succès dans le moule politique, culturel et religieux préparé en commun pour eux
par les Indiens et les Grecs que, reprenant de tout point la tradition des grands Achéménides,
les premiers Sassanides vassalisent derechef et l'Irân oriental et l'Inde occidentale, toujours liés
au même joug. Dès lors l'histoire de l'iranisation du Nord-Ouest se renoue directement, à partir
du IIIe siècle de notre ère, à celle que la réaction des Mauryas, la propagande des missionnaires
bouddhistes et l'intrusion des Mlecchas (que ceux-ci fussent Yavanas, Pahlavas, Çakas ou Tukhâ-
ras) pouvaient sembler avoir interrompue pendant plus de cinq cents ans. En fait, les Nomades
eux-mêmes travaillaient inconsciemment pour le bénéfice de l'influence occidentale qu'ils imbi-
baient dès l'abord ; mais il va de soi que le premier rôle en cette affaire revenait aux représentants
attitrés de la civilisation jadis assyro-perse, et maintenant gréco-perse. Les destins, toujours
avares à l'égard des empires orientaux, vont cependant leur accorder plus de quatre siècles pour
poursuivre, en dépit d'un nouvel influx de barbares, le mouvement de pénétration dont à notre
courte vision historique Cyrus apparaît comme l'initiateur. C'est évidemment vers la fin de leur
domination que les résultats de celle-ci se sont fait les plus nettement sentir et se laisseront le mieux
évaluer. Par chance, c'est juste à ce moment que le pèlerin Hiuan-tsang a visité une grande partie
de l'Ariane. Sa judicieuse relation nous est d'autant plus précieuse que c'est à peu près le seul docu-
ment dont nous disposions alors pour cette région. Le tout est donc de savoir s'il nous est possible
de recueillir dans l'inépuisable trésor d'observations que contient le *Si-yu ki* quelques données
positives sur les progrès marqués dès le VIIe siècle par la langue et les mœurs iraniennes en direc-
tion de l'Indus.
En ce qui concerne l'avance des dialectes iraniens, nous ne pouvons aborder un problème
aussi délicat sans faire un retour en arrière, ni non plus sans délimiter clairement le champ de nos
recherches. Il va de soi que nous laissons de côté les idiomes particuliers des tribus, dont on sait
combien la fortune fut diverse, puisque les Hazâreh ont adopté le persan tout en conservant
le type mongol, que les Brâhûî ont gardé leur vieux parler tout en perdant leur individualité
ethnique, et qu'ensemble Pâthans et pashtu ont, depuis le XIVe siècle, pris possession du Gandhâra.
Nous bornons notre enquête rétrospective au jeu de l'iranien et du recul respectifs de l'iranien et
de l'indien le long de la grand-route de Perse en Inde ; et aussitôt nous apercevons qu'au début
même de la conquête achéménide se place un fait bien connu des linguistes, mais auquel les histo-
riens n'ont peut-être pas attaché assez d'attention. Tout indianiste qui ouvre pour la première
fois un recueil des inscriptions de Darius Ier ne peut qu'être étonné de la façon dont il croit deviner
le sens de la version vieux-perse ; et, sans qu'il ait à préjuger le dialecte iranien le plus couramment
employé dans les armées de Cyrus et de ses successeurs, cette heureuse surprise lui donne à supposer
qu'il ne fallut pas beaucoup de temps ni d'efforts à leurs troupes pour arriver à s'entendre avec
leurs nouveaux sujets. De cette conversation appelée à se prolonger pendant deux siècles naquit-il,
à l'usage des conquérants et des conquis, une sorte de dialecte mixte du genre de l'ûrdû ? Le fait est
infiniment probable ; et il serait même tentant de supposer que ce soit des succédanés de ce sabir
que les tribus dardes continuent à se servir dans les montagnes où elles ont été refoulées. Il
appartiendra aux linguistes de vérifier cette hypothèse : toujours est-il que, d'après leurs pre-
mières constatations, ces dialectes ne sont « ni iraniens ni indiens, mais quelque chose d'inter-
médiaire entre les deux ». De toutes façons la ressemblance des langages, en facilitant tous les
genres d'échanges, favorisait également les emprunts linguistiques, et nous avons gardé la preuve
que, dès cette époque, l'iranien fut le prêteur. Le vieux grammairien Yâska, dans son traité
étymologique (*Nirukta*, II, 1, 4), nous rapporte incidemment que dans le parler des Kambôjas
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