National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books
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La Vieille Route de l'Inde de Bactres à Taxila : vol.2 |
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vrir un stûpa enfermé dans une cellule de monastère et qui s'était naturellement bien trouvé
de cet abri (A. S. I., Ann. Rep. 1915-16, part II, pl. XXIV f). Or, ce qui était considéré jusqu'ici
comme une exception unique semble avoir été la règle à Hadda : du moins les trois chapelles ouvertes
par M. A. Godard ne se bornaient pas à avoir leurs murailles tapissées d'idoles du Buddha ; l'espace
central est régulièrement occupé par un petit stûpa, sans préjudice de ceux qui se pressent dans
la cour autour du stûpa principal. Il sera intéressant de voir si la fouille complète, dont la nécessité
s'impose, achèvera de confirmer ce fait inattendu. Là se borne d'ailleurs, il faut bien le dire, toute
la nouveauté qu'ait apportée notre premier et trop bref essai. Pour le reste, il n'y a rien à noter
que nous n'aient déjà appris les parties tardives de Takht-î-Bahî et les couvents des environs de
Taxila. Ne craignons pas de compter sur nos doigts toutes ces ressemblances :
1° La décoration était, ici comme là, presque tout entière en « stuc », ainsi qu'on est convenu
d'appeler le mortier de chaux dont elle est surtout faite. Le seul bas-relief en pierre que nous
ayons rencontré à Hadda est un fragment du Dîpankara-jâtaka, la plus célèbre des légendes locales
(Cat. n° 43 ; pl. XXXIV f) : encore n'est-il pas exécuté dans ce schiste bleu que nous avons pris
l'habitude de considérer comme la matière d'élection de la sculpture gréco-bouddhique, mais dans
une sorte de calcaire blanc, assez tendre à travailler, dont étaient également faites les pierres de
taille du stûpa principal de la cour centrale.
2° Ceci nous amène à noter tout de suite un point non moins important, à savoir que cette
décoration ne comporte plus de représentations de scènes légendaires. Nous la surprenons arrivée
au stade où elle ne consiste guère qu'en images indéfiniment répétées, encadrées ou non par des
motifs d'ornementation.
3° Toute cette iconographie en mortier de chaux est répandue tantôt sur les murailles à
l'intérieur ou à l'extérieur des chapelles, tantôt sur les parois planes ou courbes des stûpa. Il en
résulte que les dimensions des idoles sont des plus variables d'après la place disponible ou selon
la générosité des donateurs. Ici, encore, nous avons trouvé des débris de toute dimension, depuis des
pieds mesurant plus de cinquante centimètres de long jusqu'à des têtes n'ayant qu'un centimètre
de haut. Les frises des stûpa, qui diminuent généralement de hauteur à mesure qu'elles montent,
nous fournissent toute la gamme intermédiaire des tailles.
4° Dans le cas des grandes idoles les corps étaient généralement faits sur place de simple
argile revêtue d'une mince couche de chaux. Les têtes, d'une matière beaucoup plus dure et d'un
travail plus soigné, étaient préparées à part et ensuite rapportées sur les épaules des statues où
on les fixait à l'aide d'un piquet de bois. Ces procédés, partout en usage, expliquent qu'ici encore
nous ayons trouvé dans les déblais beaucoup plus de têtes que de corps, et que, des corps rencontrés,
nous n'ayons pu sauver aucune partie. Mais rien ne permet de supposer, comme on l'a fait quelque-
fois, que le nombre des corps n'ait pas été originairement égal à celui des têtes.
5° Sur la question controversée de l'emploi du moulage dans la fabrication de ces têtes
celles de Hadda n'apportent jusqu'à présent aucune lumière nouvelle. Que les ateliers du Nord-
Ouest de l'Inde aient fini par avoir recours à ce procédé mécanique, le fait est certain depuis que
les fouilles de Taxila ont rendu à la fois des moules, et des visages évidemment sortis d'un même
moule (A. S. I., Ann. Rep. 1915-16, part II, pl. III d, et Memoir n° 7, pl. XIX d et e). Il se peut
qu'on ait fait de même à Hadda, au moins pour ce qui est des images stéréotypées du Buddha et de
la partie la plus difficile d'exécution, à savoir le masque ; mais nous n'en avons aperçu aucune
preuve, et, tout au contraire, plusieurs faces portent la marque d'un ébauchoir manié d'une main
singulièrement libre et vigoureuse (cf. notamment le n° 36, pl. XXXVI i).
6° En revanche, nos trouvailles afghanes ne font que confirmer ce que nous savions déjà
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