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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ
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La Vieille Route de l'Inde de Bactres à Taxila : vol.2 |
| インドからバクトリアのタキシラに到る古道 : vol.2 |
引用情報
OCR読み取り結果
75 avant J.-C. le « Grand Roi » Maüès aurait, d'après les numismates, conquis à la fois le Gandhâra
et le pays de Taxila, coupant ainsi l'une de l'autre les deux maisons rivales d'Eukratidès et d'Euthy-
dème. L'extinction de cette dernière et, avec elle, de la domination grecque dans le Pañjâb aurait
été, quelque quarante ans plus tard, l'œuvre de son successeur Azès.
Ce qui nous intéresse encore plus directement du point de vue afghan, c'est le sort du dernier
foyer hellénique qui, abrité par les Montagnes neigeuses contre l'ouragan du Nord, avait survécu
au Kapiça. On a cru longtemps qu'il n'avait été détruit qu'au 1er siècle de notre ère par les Kushâns,
quand ceux-ci, ayant fini de digérer leurs acquisitions de Sogdiane et de Bactriane, se sentirent
en appétit pour de nouvelles conquêtes. On avait même un instant, sur la foi de leurs monnaies,
imaginé que le dernier basileus, Hermaios, et le premier yabgu, Kujûla-Kadphisès, auraient com-
mencé par s'entendre contre leurs ennemis communs, les Çaka-Pahlavas. On tend maintenant à
admettre que le coup fatal fut porté beaucoup plus tôt au Grec, par la voie du Sud et de la main
des Parthes. Poursuivant son avantage sur les Çakas en déroute, Mithridate II avait sur leurs
talons réoccupé l'Arachôsie que, s'il faut en croire Orose, son prédécesseur Mithridate Ier aurait
déjà ravie à Eukratidès. Il aurait ainsi annexé à nouveau plusieurs des satrapies orientales des
Achéménides et les aurait laissées sous l'autorité d'une sorte de grand vassal qui — tout comme le
fameux vainqueur de Crassus à Carrhae (53 av. J.-C.) — n'aurait été rien moins que l'aristocratique
héritier du nom des Sûrên. A la faveur des dissensions dynastiques et aussi des guerres romaines
qui occupaient le suzerain en Occident, le vice-roi des provinces orientales ne tarda pas à affirmer
son indépendance. Bientôt apparaît dans cette région, sous la loupe des numismates, un nouveau
« Grand roi des rois », parthe de nom et d'origine, Vononès ; et ce serait le « frère » et successeur de
ce roi, Spalisès, qui serait venu par la route de l'Arghand-âb se soumettre le Kapiça : du moins
serait-il le premier Iranien à frapper au revers de ses monnaies ce type de « Zeus assis » qui, depuis
Eukratidès, était resté la marque caractéristique des maîtres de Kâpiçi et que Kujûla-Kadphisès
reprendra bientôt à son compte. Dès avant le début de notre ère, depuis l'Hindûkush jusqu'à
Mathurâ, en passant par les districts de Çukhsa et de Taxila, nous ne trouvons plus sur les inscrip-
tions et les monnaies que des noms de rois ou de satrapes parthes ou scytho-parthes ; et comme
c'est encore à ces derniers que le Périple attribue la vallée de l'Indus et même les côtes du Gujarât,
il semble qu'avec Gondopharès (vers 19-45 ap. J.-C.) et grâce à la fusion des deux dynasties de
Maüès et de Vononès, la suzeraineté parthe se soit étendue sur toute la zone-frontière entre l'Inde
et l'Irân, aussi bien sur l'Afghânistân et le Belûchistân que sur « l'Inde du Nord » et « l'Inde de
l'Ouest » (4).
Telle est du moins la façon dont se reconstruit pour l'instant l'histoire des derniers Indo-
Grecs et de leurs successeurs immédiats ; et si nous avons cru devoir la résumer ici aussi brièvement
que possible, c'est parce que nous en avions besoin pour rendre intelligibles au lecteur les rares
reflets projetés de leur temps sur notre route. Tout d'abord ce simple schéma nous fait comprendre
comment Çakas et Pahlavas ont pu pénétrer par le Sud tant au Gandhâra qu'au Kapiça : c'est
que les premiers ont pris à revers le massif afghan et ont entraîné les seconds à leur poursuite.
Il nous montre aussi clairement avec quelle adresse et en quelle connaissance de cause la légende
de la conversion de Gondopharès par saint Thomas a été sertie dans son cadre historique : il n'est
pas jusqu'à l'itinéraire prêté à l'apôtre des Indes pour se rendre de Judée (probablement sur un
bateau nabatéen ou égyptien) à un port « Andhra » du Konkan, et de là par terre au Gandhâra,
que ne confirme le Périple quand il fait de Barygaza le débouché maritime de la « Proklaïde » (5).
Mais c'est surtout le chapitre de la « Vie d'Apollonios de Tyane » relatif à Taxila qui, sans la pré-
caution que nous venions de prendre, aurait risqué d'être rejeté comme une pure supercherie litté-
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