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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0063 La Vieille Route de l'Inde de Bactres à Taxila : vol.2
インドからバクトリアのタキシラに到る古道 : vol.2
La Vieille Route de l'Inde de Bactres à Taxila : vol.2 / 63 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000237
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OCR読み取り結果

venir de son nom et de son surnom (Tri-koṭi-han) (20). Les princes indiens, héritiers des Guptas,
n'en réagirent qu'avec plus de vigueur et, dès 528, l'avance des Huns était enrayée du côté du
Sud. De leur côté, les Sassanides ne virent leur salut que dans une alliance avec la nouvelle horde
dont l'astre montait rapidement à l'horizon oriental, celle des Turcs; mais en fin de compte,
ils en furent les mauvais marchands. Le pouvoir des Huns une fois brisé (vers 565) par le Khagan
turc, son beau-père Khusrô Naushirvân put bien rétablir un instant son pouvoir sur la Bactriane
et même jusqu'aux « Portes de Fer », sur la rive droite de l'Oxus; bientôt, à la faveur des luttes
entre la Perse et Byzance, ce furent en définitive les Turcs qui chaussèrent, presque aussitôt que
vidées par les Hephtalites, les bottes de Kanishka : et, bien entendu, celles-ci vont chaque fois
en se rétrécissant à la taille des épigones.
Il nous eût fallu renoncer à jeter sur cette carcasse de faits le moindre lambeau de décor
si la facilité accrue des communications n'avait amené dans l'Inde du Nord, parmi tant de guer-
riers ou de marchands, quelques pèlerins bouddhiques. Esprits positifs et précis, étrangers à toute
idée de lucre ou de pillage, et habitués par leur doctrine même à contempler du dehors un monde
dont ils s'étaient détachés, ils étaient sûrs d'autre part que les notes rapportées de leurs lointains
pèlerinages seraient lues avidement par nombre de leurs compatriotes : et c'est ainsi que nous
nous trouvons posséder des relations quelque peu détaillées, et toujours sincères, sur les pays
qu'ils ont traversés. A la vérité, chez le premier d'entre eux, Fa-hien (vers 400), les préoccupa-
tions confessionnelles l'emportent un peu trop, à notre gré, sur les considérations d'ordre géo-
graphique ou politique : son excuse est qu'il a connu une Inde heureuse, et par conséquent sans
histoire. Song Yun tombe au contraire à Gandhâra (vers 521) au milieu des horreurs du régime
hephtalite, établi « depuis deux générations »; mais, bien qu'ambassadeur d'une impératrice chi-
noise, il nous paraît n'avoir pas assez oublié que le but assigné à sa mission était plus religieux
que diplomatique : c'est tout juste si les fragments de sa relation qui nous sont parvenus con-
tiennent quelque référence aux « souffrances du peuple » et des croquis d'après nature des audiences
du tegin (21). Toutefois, il s'est trouvé, parmi les nombreux « Religieux éminents qui visitèrent
les contrées d'Occident », un homme d'une haute intelligence, en dépit de sa pieuse crédulité,
aussi bien doué comme historien que comme géographe, et qui sut voir et noter ce qui était d'intérêt
durable et universel. Autre bonne chance pour nous : tandis que ses deux prédécesseurs sont
directement descendus de Khotân vers l'Udiyâna en empruntant l'acrobatique sentier de la
vallée de l'Indus, Hiuan-tsang a suivi de bout en bout — sauf à la sortie de Bâmyân : de quoi
il fut puni en se perdant — la grand-route de Bactres à Taxila; et comme au retour un long circuit
le mena du Gandhâra jusqu'aux confins de l'Arachôsie, il suffira de le suivre pas à pas pour obtenir
le meilleur tableau de l'Afghânistân oriental vers le milieu du VIIe siècle. Mais, après tout ce que
nous venons de dire, il n'est pas hors de propos de rappeler d'abord que, de Turfân au Kapiça,
il a traversé de part en part le vaste empire des T'ou-kiue. Grâce aux lettres de recommanda-
tion que lui avait données le roi de Kao-tch'ang, il fut même admirablement reçu, dans la région
de l'Yssik-Kôl, par le Khagan turc, et rien n'est plus intéressant que de confronter sa description
des splendeurs de cette cour nomade avec celle que nous a laissée l'ambassadeur byzantin
Zémarque (22). Surtout il est un point que nous devons noter : quand, accompagné du mehmandar
auquel l'a confié le Khân et qui lui sert à la fois de guide et d'interprète, il arrive au défilé
des « Portes de Fer », il faut lire avec quel respect il évoque le souvenir et avec quelle précision
il définit les limites de ce qui fut autrefois le cœur de l'empire des Kushâns, à savoir « le vieux
royaume des Tukhâras », entre la Perse et les Pâmirs, des Portes de Fer à l'Hindûkush. « Depuis
plusieurs centaines d'années, la race royale est éteinte » : mais évidemment sa renommée est tou-