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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0071 La Vieille Route de l'Inde de Bactres à Taxila : vol.2
インドからバクトリアのタキシラに到る古道 : vol.2
La Vieille Route de l'Inde de Bactres à Taxila : vol.2 / 71 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000237
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OCR読み取り結果

de Ki-kiang-na que lui donne Hiuan-tsang, le Kaikânân, Kaikân et Kikân des chroniqueurs
arabes. C'est le vieux pays brâhûî, encore connu pour l'excellence de sa race chevaline et qui s'étend
au Sud de la passe de Bolân autour de Mastung et de Kélât, dans le Nord-Est du Bélûchistân.
Les premiers maraudeurs arabes, amateurs de belles montures gratuites, ne vont pas tarder à
y lancer des razzias qui leur coûteront plus cher qu'au marché (37).

Ce rapide tableau de géographie politique ne nous permet pas seulement d'entrevoir dans
quel morcellement relatif était tombée la région indo-iranienne, au sortir des mains des Hephta-
lites, entre la Perse de Yazdgard et l'Hindûstân de Harshavardhana Çîlâditya : son principal intérêt
à nos yeux est dans les horizons qu'il nous ouvre à la fois sur le passé et sur l'avenir. Au point
de vue rétrospectif, il nous aide tout d'abord à établir l'itinéraire d'Alexandre. Nous voyons à
présent clairement que, d'Alexandrie-d'Arachôsie à Alexandrie-sous-Caucase, le conquérant a dû
suivre la même route que le pèlerin, par la vallée de l'Arghand-âb et le Kapiça occidentale. Il en
alla de même de Bactres à Taxila, sauf en ce qui concerne la déviation par le Khaïber, entre
Dakka et Pushkarâvatî ; et le fait même que la fondation, dans l'intervalle, de la ville de Peshâwar
contraignit Hiuan-tsang à ce détour démontre rétroactivement que l'inexistence de cette ville
à leur époque en avait dispensé Perdikkas et Héphestion. Ces recoupements de détail sont plus
utiles qu'ils ne sont surprenants : mais voici qu'à lire attentivement les notes du grand voyageur
nous apprenons encore quelque chose de plus inattendu et de plus vaste portée. Elles nous con-
firment en passant que la notion, et même la dénomination de l'Inde empiétaient encore lar-
gement au VIIe siècle sur la rive droite de l'Indus et étaient censées embrasser, outre les plaines
riveraines du fleuve, toute la frange montagneuse du plateau iranien du côté de l'Orient. Partant,
comme nous savons déjà, du Lampaka ou Laghmân (cf. supra, p. 36 s.), la frontière traditionnelle,
d'ailleurs toute théorique, coupait en deux les domaines du roi de Kapiça, puisqu'elle laissait à
l'Ouest, outre son propre royaume, le Vrijsthâna et le Jâguda ; de façon non moins théorique,
elle en faisait de même pour l'Arachôsie et la Gédrôsie, avant d'atteindre la mer à l'Ouest de
l'embouchure du Hingol, vers le 65e de longitude Est de Greenwich. C'est dire que cette ligne
idéale était sensiblement pareille à celle qui, après le reflux de la conquête perso-grecque, avait
été de nouveau concédée à Çândragupta par Séleukos Ier vers 305 avant notre ère (supra, p. 208).
A partir de l'Arachôsie elle avait été toutefois fortement infléchie en direction du Nord-Est pour
attribuer au groupe iranien la plus grande partie des anciennes Paropanisades. Il n'en est pas
moins curieux de constater que son souvenir n'était pas effacé et que l'« Inde blanche » d'Isidore
de Charax était toujours considérée comme indienne.

Non moins éclairante est la perspective que la carte de la figure 39 nous ménage sur les évé-
nements historiques qui se préparent. Tandis que dans son Ier livre Hiuan-tsang s'était borné
à noter incidemment que la Perse (Po-la-sseu) était contiguë, sur les bords du Murgh-âb (38), à
la limite ouest de l'ancien Tokhârestân, dans son XIe livre, où il la rencontre de nouveau à l'Ouest
du Sindh, il lui consacre toute une notice de laquelle il appert qu'il se rendait parfaitement compte
de son importance. Il n'ignore pas davantage l'existence, au Nord-Ouest de ce grand royaume,
d'un état non moins riche et puissant qu'il appelle Fo-lin et qui n'est autre que l'empire romain
d'Orient. Etait-il au courant des luttes perpétuelles où avaient achevé de s'épuiser les deux empires,
celui de Constantinople comme celui de Ctésiphon ? Savait-il qu'à ce moment même tous deux
étaient en train de succomber, l'un à demi et l'autre en entier, sous les coups de peuplades jus-
qu'alors dédaignées de leurs voisins, mais chez qui une soudaine flambée de fanatisme religieux
avait à ce point attisé l'esprit de rapine que le reste du monde faillit devenir leur butin ? N'a-t-il
jamais ouï parler de son contemporain, le prophète Mahomet, mort en 632 ?... Le fait est qu'il