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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0089 La Vieille Route de l'Inde de Bactres à Taxila : vol.2
インドからバクトリアのタキシラに到る古道 : vol.2
La Vieille Route de l'Inde de Bactres à Taxila : vol.2 / 89 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000237
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OCR読み取り結果

aurait décidé d'y faire à la veille de son Pari-nirvāna ; et de son côté, Sylvain Lévi a mis à la dis-
position des chercheurs les listes des différentes sortes de génies, surtout Yakshas ou Nāgas, qui sont
les protecteurs attitrés de tous les pays que nous avons énumérés ci-dessus (4). En fait, les noms
surabondent : ce qui manque ce sont les précisions nécessaires pour les localiser exactement.

Ce n'est d'ailleurs pas ici le lieu de rassembler en un faisceau toutes les informations relatives
au culte des Esprits dans la région indo-iranienne : il suffit pour l'instant de constater que nous
atteignons avec eux une couche de croyances immémoriales et quasi impérissables, de bien des
siècles antérieures à l'introduction du bouddhisme, encore que ce soient les textes bouddhiques
qui nous les révèlent dans toute leur ampleur. Si par exemple les Nāgas ou génies-serpents n'avaient
pas de toute antiquité hanté les lacs, les rivières et les fontaines du Kapiça comme ils sont encore
censés faire au Kaçmîr, il est évident qu'on n'aurait jamais inventé de faire venir le Buddha
— lui qui n'a jamais quitté la partie moyenne du bassin du Gange — jusqu'sur la rive droite de
l'Indus tout exprès pour les amener à résipiscence ; et d'autre part, les missionnaires du nouveau
Dharma n'auraient jamais pu pour les besoins de leur propagande transplanter avec tant d'aisance
sur la frontière du Nord-Ouest les légendes de l'Inde centrale, si celles-ci n'y avaient trouvé un
terrain tout préparé d'avance. Le cas du fameux Nāga Apalāla que le Buddha eut tant de mal à
dompter et dont la conversion forcée paraît avoir été transportée, drame et personnages, du
Magadha à la source du Svāt, est un exemple topique à ce double point de vue (5) ; mais il est loin
d'être le seul, et chacun d'eux demanderait une étude spéciale. Bornons-nous à rappeler rapidement
les noms et les séjours des principaux Nāgas que nous avons, après Hiuan-tsang, rencontrés sur
notre route ou à ses abords immédiats. Ils sont au nombre de trois et les deux premiers, devenus
serpents par dépit et désir de vengeance, sont naturellement malfaisants. C'est d'abord, au Kapiça
même, l'ancien moinillon anonyme avec lequel le roi Kanishka et ses ingénieurs hydrographes eurent
maille à partir pour mettre couvent et stûpa à l'abri de ses inondations périodiques (supra, p. 142).
C'est ensuite, près de Nagarahāra, l'ex-laitier Gôpāla que le Buddha en personne vint convertir
et dans la caverne duquel il laissa son ombre (supra, p. 152). Enfin, entre Udabhānda et Taxila,
les belles sources jaillissantes de Ḥasan-Abdāl (supra, p. 42 et 156) marquent toujours la demeure
du fameux Elāpatra, connu aussi bien de la légende épique que bouddhique (6).

Il va de soi qu'à côté des génies des eaux les Yaksha, ou génies de l'air, et leurs compagnes,
les Yakshî ou fées, ne tenaient pas moins de place dans les superstitions populaires du Nord-Ouest.
En désire-t-on quelques preuves ? La constante présence sur les bas-reliefs gandhāriens d'une
sorte de garde du corps armé d'un foudre, et qui ne quitte pas le Buddha plus que son ombre,
a dès longtemps paru ne s'expliquer que par l'affleurement dans l'art d'une croyance généralement
répandue en l'existence d'une déité protectrice — yaksha, daïmôn, genius, fravarti ou ange gardien,
de quelque nom qu'on l'appelle — attachée au service de tout grand personnage et qui passait
pour être née en même temps que lui. Le rôle considérable de ce Vajrapāṇi dans l'iconographie
gréco-bouddhique a même donné à penser que cette notion était particulièrement vivace dans la
région qui nous intéresse ; et c'est en effet aux conceptions iraniennes qu'on a cru pouvoir le mieux
la rattacher (7). Par ailleurs les Yakshas se révèlent, tout comme les Nāgas, tantôt comme les
fléaux, tantôt comme les patrons de telle ou telle localité. La relation de Hiuan-tsang est pleine
de la frayeur qu'inspiraient aux voyageurs les démons de la montagne, les mêmes que ces piçāca
dont la seule évocation terrorise encore les citadins de Çrînagar. Le pèlerin n'ignore pas davantage
cette variété particulièrement redoutée d'esprits malfaisants, propagateurs des épidémies, qui
décimaient (on disait « dévoraient ») les habitants des cités, à commencer par leur progéniture :
c'est à lui que nous devons d'avoir pu signaler, il y a un instant, le transfert au Gandhāra de la