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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ
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La Vieille Route de l'Inde de Bactres à Taxila : vol.2 |
| インドからバクトリアのタキシラに到る古道 : vol.2 |
引用情報
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derniers d'entre les deux-fois-nés », des gens prêts à entreprendre de introduire ce dieu de basse
caste dans la société de Brahmâ et de Vishnu. Dans la fameuse litanie du Çatarudriya, qui fait
partie de la recension du Yajur-Véda blanc, l'identification de Çiva et de Rudra est déjà pleinement
amorcée; dans le Mahâbhârata, elle est devenue un fait accompli. Mais, en dépit de tous les pané-
gyriques, l'usage le plus vigoureux de la « savonnette à vilain » n'a pu suffire à donner de bonnes
manières à ce sauvage montagnard, dieu favori des gens de rien et dont l'emblème ordinaire,
parfois traité de façon si réaliste, demande à tout le moins, pour se faire accepter des gens bien
élevés, une forte transposition sur le plan symbolique (2).
Que les immigrants aryens aient adopté nombre de croyances locales, des plus basses aux
plus hautes, nous en tenons la preuve : ils n'en ont pas moins importé avec eux dans l'Afghânistân
oriental leurs dieux et leurs rites, tels qu'ils nous sont connus par le Véda. Assurément ce serait
beaucoup demander que d'en relever aujourd'hui une trace matérielle ou un souvenir quelconque.
Pourtant un témoignage grec, qui, pour tardif qu'il soit, évoque une très ancienne coutume, a été
signalé dans la Vie d'Apollonios de Tyane par M. Roger Goosens. Nous lui empruntons la traduction
de ce passage : « Les Indiens, disent-ils, racontent que le roi vient sur les bords du fleuve (Indus)
à la saison des crues et qu'il lui sacrifie des taureaux ét des chevaux noirs... Après ce sacrifice
il jette dans le fleuve une mesure d'or, semblable à celle qui sert à mesurer le blé... » Il n'y a aucune
raison de mettre en doute ce renseignement. On pourrait même être tenté d'y voir une vieille
pratique asianique, dédiée aux Nâgas du fleuve et antérieure à l'arrivée des Aryens. Toutefois,
l'adjonction aux taureaux de victimes chevalines et l'usage perse, attesté par Hérodote, de propitier
les divinités des rivières en leur immolant des chevaux donnent primâ facie à la description de
Philostrate une couleur indo-iranienne. D'autre part tout indianiste devra aussitôt reconnaître
que l'açvamédha, le grand sacrifice exceptionnel comportant comme victime principale un unique
cheval, tel qu'il nous est minutieusement décrit par les textes sanskrits, n'a qu'un très lointain
rapport avec ces immolations annuelles. Celles-ci rappelleraient plutôt, dans la forme sinon dans
le fond, les hécatombes auxquelles font allusion des stances traditionnelles citées par le Çatapatha-
brâhmaṇa et qui auraient signalé le passage victorieux de la Yamunâ et de la Gangâ par les tribus
védiques (3). Mais, comme l'a déjà vu notre rhéteur, au sacrifice sanglant est venu se greffer
« un rite de fécondité », inspiré de la croyance au rôle du roi comme gérant responsable de la pros-
périté de son royaume; et le but évident du geste final est d'assurer d'abondantes récoltes aux
pays riverains de l'Indus. La complexité du cas en rend ainsi l'interprétation malaisée. Certes
nous savons que les brahmanes à-demi mages du Gandhâra étaient restés étrangers au développ-
pement de la liturgie brahmanique, telle que celle-ci s'était élaborée et codifiée dans le « Pays du
Milieu », le seul que Manu considère comme orthodoxe; et rien, par suite, n'empêcherait qu'ils se
soient attardés jusqu'au temps de la domination parthe à des coutumes archaïsantes : c'est néan-
moins sous toutes réserves qu'on peut essayer de deviner dans la cérémonie dont auraient été
témoins Apollonios de Tyane et son compagnon Damis une survivance des premiers temps
védiques.
A ce frêle témoignage relatif au rituel pouvons-nous en ajouter un qui vise les dieux eux-
mêmes ? Il semble qu'il y ait au moins un cas où la réponse puisse être affirmative. Ainsi que
l'a depuis longtemps remarqué E. J. Rapson, Eukratidès et Antialkidas ont frappé un type
de « Zeus assis sur un trône » que le premier de ces deux dynastes désigne expressément en exergue
comme étant la « dévatâ de la ville de Kâpiçî ». L'idée de représenter la patronne d'une ville par le
grand dieu de l'Olympe a paru d'abord d'autant plus surprenante que les nagara-dévatâ sont
familières à l'école gandhârienne sous l'aspect classique de nos cités couronnées de tours. A la
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