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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ
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La Vieille Route de l'Inde de Bactres à Taxila : vol.2 |
| インドからバクトリアのタキシラに到る古道 : vol.2 |
引用情報
OCR読み取り結果
ou « vêtement de lumière », soit à résorber en lui-même l'éclat de ses irradiations, pour continuer
à leur dispenser son enseignement. Bien entendu, à cet auditoire d'élite il apporte (toujours, remar-
quez-le, par questions et réponses) des révélations bien supérieures à celles qui sont le lot commun
du vulgaire. L'entretien roule avant tout sur la question du salut, qu'on veut désormais universel
et déterminé par rien moins que l'identification finale du disciple avec le Maître. L'obtention de
ce but idéal à la suite d'une ascension plus ou moins longue des âmes est censée dépendre de la
grâce divine ; mais en même temps, par une inconséquence flagrante, elle peut s'acquérir méca-
niquement soit par le geste rituel, soit par la formule sacramentelle. A ces spéculations mi-morali-
santes, mi-magiques, où l'on sent parfois passer un frisson d'angoisse devant le problème du mal
ou un souffle d'ardente charité, se mêlent d'extravagantes fantasmagories, mise en scène de légions
de personnages mythiques, voyages à travers les mondes et les sphères, peintures des cieux et des
enfers. Le tout coupé d'interruptions et de reprises, d'hymnes et d'apologues, d'effusions
dévotes et d'exposés techniques : éléments disparates et pris de toute main, rassemblés sans autre
lien que des associations machinales de mots ou d'images et qui laissent cruellement transparaître
la puérilité des conceptions et la pauvreté des imaginations. Trait final qui complète le tableau
de ces compilations désordonnées, d'un côté comme de l'autre verbosité sans frein et qui achève
de noyer la pensée sous un flux intarissable de mots... Ce sont là, on l'avouera, de nombreuses
et curieuses analogies : mais il faut reconnaître que pour l'instant la clef nous en échappe, et
nous devons nous borner à constater que la même analyse critique s'applique mot pour mot aussi
bien aux écrits coptes connus sous le nom de Pistis Sophia qu'aux vaipulya-sûtra du Mahâyânisme (19).
Nous sommes cependant parvenus à l'époque qui vit en Occident l'effondrement de l'empire
romain sous les coups des barbares, mais qu'on a appelé au contraire l'âge d'or, le « siècle de Péri-
clès », ou encore la « Renaissance » de l'Hindûstân. Si civilisation signifie sécurité des personnes
et des biens, liberté et facilité des communications, ordre public, extrême douceur des mœurs,
abolition de la peine de mort, œuvres d'assistance aux pauvres et aux malades, charité même envers
les animaux, parfaite tolérance religieuse, floraison des lettres, des sciences et des arts, ne craignons
pas de dire que l'empire des Guptas était alors la contrée la plus civilisée de l'univers. Les sino-
logues feront, s'il leur plaît, une exception pour la Chine des T'ang ; pour notre part, nous n'excep-
terons ni l'empire byzantin ni celui des Sassanides, congénitalement déchirés par les factions et
les persécutions, et dont le déclin se précipite sous l'étalage de luxe de la cour : mais nous attirerons
l'attention sur un fait dont, en traitant la question des rapports de l'Inde avec l'Occident, on ne
nous semble pas avoir tenu suffisamment compte. Périodiquement engagé dans des guerres, à
l'Ouest avec Byzance, au Nord-Est avec les Nomades, l'Irân va pendant trois siècles entretenir
des relations courtoises avec ses voisins du Sud-Est. De ce côté la paix ne régna pas seulement,
comme nous l'avons déjà indiqué ci-dessus (p. 228), sous le long règne de Shâpur II (309-379),
contemporain des deux premiers Guptas ; elle ne semble pas avoir été affectée par les conquêtes
de Çandragupta II Vikramâditya — le patron probable du poète Kâlidâsa — lequel vers 395
annexa le Mâlva et les côtes du Surâshtra et du Gujarât aux dépens des lointains vassaux de l'Indo-
Scythie. A la vérité, les Hephtalites viennent s'insérer comme un coin entre les deux empires, et
pendant la seconde moitié du Ve siècle et la première moitié du VIe, leurs incursions troublent les
communications par la grand-route du Nord-Ouest, sinon par les ports de la mer Érythrée ; mais
après leur défaite et leur remplacement par les Shâhis turcs, les relations reprennent de plus belle
sous les deux Khusrô et se prolongent jusqu'à la conquête musulmane de l'Irân, au temps du
dernier grand empereur indien de l'Inde, Harshavardhana Çîlâditya (606-647). Ajoutons que
l'autorité du clergé mazdéen, tour à tour ébranlée par l'éclosion du manichéisme, l'intrusion du
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