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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ
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La Vieille Route de l'Inde de Bactres à Taxila : vol.2 |
| インドからバクトリアのタキシラに到る古道 : vol.2 |
引用情報
OCR読み取り結果
semblance va toujours croissant, nous tenons déjà deux exemples certains du transfert inverse
de livres sanskrits de l'Inde en Occident. Le premier, déjà longuement étudié sous toutes
ses faces, est celui du fameux recueil de contes du Pañca-tantra qui, traduit en pehlvi par Barzoe,
un des médecins de Khusrô Naushirvân, tombera après de multiples avatars sous les yeux de
La Fontaine sous le nom de Fables de Bidpaï et servira à l'éducation du Dauphin. Il nous touche
surtout ici par le jour que la noble et sincère préface du premier traducteur nous ouvre sur la con-
science religieuse de son temps. Le second cas nous intéresse directement : car il ne s'agit de rien
moins que de la diffusion en Syrie et dans tout le monde méditerranéen d'une vie romancée, et
adaptée aux idées chrétiennes, du Bodhisattva qui devint le Buddha Çâkya-muni. A la vérité le
mode de transmission de cette œuvre d'édification n'est pas encore complètement élucidé; entre
le Lalita-vistara et la Vie des saints Barlaam et Josaphat entrée sous l'autorité de saint Jean Damas-
cène dans la Patrologie grecque, on est obligé de supposer l'interposition d'une première adaptation,
probablement manichéenne et rédigée en pehlvi au VIe siècle; mais le lien de filiation n'est plus
mis en doute par personne, ni non plus le fait que ce pieux démarquage ait réussi à introduire le
Bodhisattva dans le martyrologe romain (22). Il s'en fallait seulement de plusieurs siècles qu'il
arrivât à temps pour influencer la rédaction des Évangiles (cf. supra, p. 290).
L'EXTINCTION DU BOUDDHISME DANS LE NORD-OUEST. — Il ne nous resterait plus, pour
clore ce chapitre (fait, reconnaissons-le, de têtes de chapitres), qu'à suivre le recul du bouddhisme
devant l'avance de l'Islam. Mais les deux mouvements sont fonction l'un de l'autre et nous avons
déjà retracé ci-dessus (p. 240 et suiv.) le progrès de la conquête musulmane dans la région indo-
iranienne. Vaut-il la peine de noter qu'en vertu des mêmes conditions géographiques, le repli
du bouddhisme s'est opéré non seulement par les mêmes étapes, prises en sens inverse, mais encore
avec les mêmes pauses périodiques que son expansion ? Dès le VIIIe siècle la Bactriane lui est ravie;
au siècle suivant, c'est le tour du Kapiça; mais la basse vallée de Kâbul et le Gandhâra lui demeure-
ront partiellement fidèles sous leur dynastie brahmaïque jusqu'aux premières années du XIe siècle.
Ensuite il n'en sera plus question... Une assertion aussi absolue peut provoquer quelque étonnement.
Nulle part on ne voit que les Musulmans aient réussi à exterminer les « infidèles »; ils ont vécu
et vivent encore côte à côte avec les Guèbres en Irân et avec les Hindous dans l'Inde : comment
et pourquoi seraient-ils parvenus à supprimer entièrement le bouddhisme dans le Moyen Orient ?
— C'est, répondrons-nous, que le bouddhisme n'existe à proprement parler que par et pour sa
Communauté monastique. Infiniment plus vulnérable que les religions nationales, il n'a pu comme
celles-ci opposer la force d'inertie qui réside dans la multitude et l'anonymat au prosélytisme agres-
sif des nouveaux envahisseurs. Tout au contraire il prêtait doublement le flanc, dans le peu
restreint et le signalement caractéristique des membres de son ordre comme dans l'isolement de
leurs résidences, aux attaques d'adversaires déterminés à le détruire par le fer et par le feu. Une
fois que la torche avait incendié les monastères et que les moines qui n'avaient pas fui à temps
avaient été passés au fil de l'épée, la Bonne-Loi était complètement déracinée, et il suffisait d'une
génération pour que tout souvenir en fût aboli. Aurait-on voulu la faire renaître, il n'aurait fallu
rien moins qu'une importation nouvelle de bhikshu dans le pays (ne fût-ce que du quorum néces-
saire pour ordonner les moines locaux) et la restauration des couvents avec leurs sanctuaires et
leurs bibliothèques. C'est ainsi que le bouddhisme qui, après la grande persécution de Mihirakula,
avait pu être rétabli au Gandhâra par le zèle pieux des Shâhis Turcs, fut balayé sans retour de la
face de la contrée par la conquête ghaznévide. Assurément, des îlots toujours décroissants de
Kâfir se sont maintenus jusqu'à nos jours dans les vallées écartées du massif afghan, mais seule-
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