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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ
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La Vieille Route de l'Inde de Bactres à Taxila : vol.2 |
| インドからバクトリアのタキシラに到る古道 : vol.2 |
引用情報
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des ducats de Venise : autant de témoins sincères et qui, en attendant d'être cuisinés par de plus
experts numismates, venaient spontanément attester, chacun à leur tour, la persistance du commerce
entre l'Orient et l'Occident à travers toutes les orageuses péripéties de l'histoire (15).
Les lecteurs dont la curiosité aura été plus éveillée que satisfaite ont déjà trouvé en note
l'indication des travaux les plus récents qui soient venus compléter ceux dont nous disposions
naguère, quand nous avons déjà dû insister, à propos de la floraison de l'école gandhârienne,
sur l'importance du facteur économique; mais chaque jour des indices nouveaux viennent s'ajouter
à ceux qui étaient déjà connus ou catalogués. C'est hier à peine qu'ils ont été tous éclipsés par le
résultat des campagnes de fouilles de M. et Mme J. Hackin au Bêgrâm de Kâpiçî. Jamais encore
aucune découverte n'avait illustré de façon aussi éclatante le va-et-vient des œuvres d'art sur
la grand-route terrestre de l'Inde. Dans l'espèce d'entrepôt qu'ils ont exhumé, et dont le bric-à-
brac rappelle, en plus artistique, celui qui s'entasse encore à l'heure actuelle chez les gros marchands
de Kâbul ou de Peshâwar (export and import), l'apport venu de la Syrie est surtout représenté
par des bronzes, des verreries de valeur très inégale, mais dont quelques-unes sont des chefs-
d'œuvre, et des maquettes en plâtre de médaillons, à l'usage des orfèvres; celui qui est monté
de l'Inde centrale consiste surtout en coffrets ornés de plaques d'ivoire ciselé d'un travail parfois
admirable. Il semble impossible d'imaginer vérification meilleure des informations contenues
dans les textes : pourtant le hasard, bon prince, a voulu nous combler encore davantage; et presque
en même temps il a fait sortir des fouilles de Pompéi un manche de miroir en ivoire, première
preuve tangible de l'arrivage jusqu'en Italie d'un bibelot authentiquement indien (16).
Nous pourrions borner là cette rapide et toujours provisoire mise au point, si l'importance
pour notre sujet de ces rapports commerciaux ne nous faisait apercevoir la nécessité d'un avertis-
sement qui s'adresse aussi bien aux auteurs qu'aux lecteurs du présent ouvrage. Le titre seul de
ce dernier pourrait, en effet, induire les uns comme les autres à se laisser indûment hypnotiser
par le rôle de la route terrestre au point de négliger celui de la route maritime. Ce serait à tort.
Proclamons-le assez haut pour que nul ne nous accuse d'une partialité que nous dénonçons nous-
mêmes comme tout à fait injustifiée : ce n'est pas seulement par le « trans-iranien », principal
objet de notre étude, c'est aussi bien par la voie de la Mer Rouge ou du Golfe Persique que se
sont acheminés vers le Gandhâra les choses et les gens d'Occident. Jusqu'à ces derniers temps, la
seule façon de commercer en Asie était de se joindre à une caravane ou de prendre passage sur
un vaisseau marchand; dès l'époque dont nous parlons, ces services de transport se faisaient
concurrence. La loi économique du bon marché déterminait le mode d'expédition des marchan-
dises; les circonstances particulières ou les fantaisies individuelles guidaient le choix des
voyageurs. Il a plu à Apollonios de Tyane, muni de sauf-conduits parthes, de suivre tout au
long la route de terre; pour Judas Thomas, venant de Palestine, le plus court était d'aller
prendre un bateau nabatéen desservant la ligne de Barygaza par le Golfe Arabique; et c'est
probablement à Charax-Spasinu, le port situé à la tête du Golfe Persique, que Mâni aura trouvé
commode de s'embarquer. Ajoutons en passant, que d'après des inscriptions récemment décou-
vertes à Palmyre, ce dernier port était le point d'embarquement et de débarquement attitré des
agents des négociants palmyréniens (17). Non seulement les trois chemins menaient dans l'Inde,
mais (comme nous l'avons déjà remarqué supra, p. 7, et comme l'on peut voir sur la carte
de la fig. 2), ils formaient des circuits fermés le long desquels le trafic circulait forcément dans
les deux sens. La facilité des communications s'en trouvait accrue; mais il ne faut pas se le dissi-
muler, c'est là une complication de plus pour les historiens qui, non contents de suivre le chemi-
nement vers l'Ouest des épices et des parfums, des pierreries et des perles, des ivoires et de la soie,
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