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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0163 La Vieille Route de l'Inde de Bactres à Taxila : vol.2
インドからバクトリアのタキシラに到る古道 : vol.2
La Vieille Route de l'Inde de Bactres à Taxila : vol.2 / 163 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000237
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La question se ramène dès lors à savoir d'où venaient ces individus porteurs d'une technique
nouvelle. Tout le monde est d'accord pour les attendre du côté de l'Occident, et certains les font
arriver directement de Grèce ou même de Rome : le fait n'est pas en soi impossible, mais il n'a
pu être qu'exceptionnel. D'autres, en apparence plus sages, ont pensé à les faire d'abord travailler
en Bactriane, d'où ils se seraient repliés au Sud de l'Hindûkush en même temps que le reste de la
colonie grecque : et cette théorie, qui contient sa parcelle de vérité, serait de beaucoup la plus sédu-
isante, si seulement il existait la moindre trace d'une école gréco-bactrienne présentant quelque
originalité; en attendant que daigne se révéler à nous cette chimère (cf. supra, p. 311), l'hypo-
thèse n'a aucune consistance. Quelle proposerons-nous à notre tour ? Avec toutes les réserves qu'il
convient, nous suggérerions de nous inspirer, pour suivre dans ses grandes lignes la marche de l'art
hellénistique à travers l'Asie antérieure, de ce que nous avons cru deviner de la propagation de
l'art gréco-bouddhique en Asie Centrale et en Extrême-Orient. D'une façon générale, on peut dire
que ce sont des maîtres gandhâriens qui ont travaillé en Sérinde, puis des maîtres sérindiens en
Chine, des maîtres chinois en Corée, des maîtres coréens au Japon : de même est-il permis de sup-
poser que ce sont d'abord et surtout des artistes gréco-syriens qui ont opéré en Mésopotamie
et en Irân et des artistes gréco-iraniens dans l'Inde; et sur ce point, comme on va voir, le carac-
tère composite de l'école gandhârienne ne nous démentira pas.


V. — LES FACTEURS ARTISTIQUES

Après ce tour d'horizon, ne croyons pas en effet tenir toutes les avenues permettant de
rentrer en pleine sécurité dans la région où les circonstances ont cantonné nos recherches, et du
même coup dans le vif de notre sujet. Cette fois encore nous n'allons pas tarder à nous apercevoir
que la question est beaucoup plus compliquée qu'il ne nous a convenu jusqu'ici de l'admettre :
car le désir de clarifier les choses entraîne forcément à les simplifier à l'excès. Nous nous sommes
aperçus à temps que nous avions trop amenuisé le problème des origines en le réduisant au colloque
de ces deux indispensables agents qui sont le donateur et l'artiste, et nous avons dû nous hâter
de replonger ce couple initial dans son ambiance. Le moindre danger que risquait notre excès de
myopie volontaire eût été de prendre et de donner pour un accident purement local ce qui est en fait
un rameau de l'art cosmopolite qui était alors en train de se répandre dans toutes les parties du
monde gréco-romain. Mais, si fort que nous ayons élargi la portée de notre regard, nous n'avons en
définitive retenu que trois des facteurs constitutifs de l'école du Gandhâra : le politique, qui
était grec; le religieux, qui était bouddhique; et enfin, à titre d'excipient et en vue de permettre
aux deux autres de macérer ensemble jusqu'à l'amalgame, l'économique, qui était international.
Cette construction trop schématique a le tort grave de négliger, à propos de l'élaboration d'une
école d'art, les éléments d'ordre esthétique qui sont entrés dans sa composition. Pour ce qui est
du facteur commercial, on peut considérer qu'on en a exprimé tout le suc quand on a vérifié le
va-et-vient, d'un bout à l'autre de l'Ancien monde, des artistes et des œuvres d'art. En ce qui
concerne le facteur religieux, dont le chapitre V n'a pas dissimulé la complexité, les documents se
sont charitablement chargés de le ramener à son expression la plus simple, puisque les fouilles du
Nord-Ouest ne nous ont guère rendu que des sanctuaires et des images bouddhiques (20). De ces
deux côtés, il semble donc que nous soyons parvenus au terme de notre enquête préalable et à
la hauteur de notre tâche exégétique; mais il n'en va plus de même si l'on nous demande, comme de
juste, d'expliquer l'extrême diversité du répertoire décoratif gandhârien. L'examen attentif
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