国立情報学研究所 - ディジタル・シルクロード・プロジェクト
『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ
|
|
カラー画像サムネイル -
目次 -
ページ番号 -
書誌情報(メタデータ) -
キャプション -
カラー画像 -
白黒高解像度画像 -
見開きページ -
グラフィック -
| 0175 |
La Vieille Route de l'Inde de Bactres à Taxila : vol.2 |
| インドからバクトリアのタキシラに到る古道 : vol.2 |
引用情報
OCR読み取り結果
soient pas imposés d'emblée à une église jusqu'alors innocente du culte des idoles, c'est justement
ce que les conditions de la production artistique et l'habituelle lenteur de l'éducation des masses
permettent *a priori* d'affirmer. Nous avons suggéré, et nous croyons volontiers que le boulever-
sement social causé par l'invasion scythique, en ruinant tout ou partie des anciens sanctuaires,
a offert aux formules nouvelles l'occasion de se montrer, et finalement de s'étaler sur les édifices
restaurés : encore a-t-il fallu attendre que s'accomplit, en même temps que la conquête morale
des conquérants, la réparation des dommages causés par leurs troupes. Bref, il n'y a pas lieu d'être
surpris qu'une idée, voire même une réalisation artistique datant au plus tard des débuts du 1er siècle
avant notre ère, ne s'affirme comme entrée dans le domaine public qu'au bout d'une centaine
d'années ; et, réciproquement, la vulgarisation de l'image du Buddha gandhârien dès le premier
siècle après notre ère postule nécessairement pour elle un passé déjà long de tâtonnements dans
la création et de vicissitudes dans la diffusion. Tandis qu'elle s'achemine ainsi cahin-caha vers la
triomphante carrière qui devait la conduire jusqu'aux extrémités orientales de l'Ancien monde,
l'empire des Çakas a déjà eu le temps de passer, d'ailleurs sans violence apparente, aux mains
des Pahlavas en attendant d'échoir aux Tokhâres : mais à partir de ce moment nous quittons le
terrain mouvant des hypothèses pour ne plus utiliser que les documents actuellement connus.
La Période indo-parthe. — Le plus ancien Buddha exécuté sur commande que nous
ayons pour l'instant conservé est toujours celui qui décore à double exemplaire le reliquaire d'or
trouvé à Bimarân, près de Nagarahâra, à l'intérieur d'un vase de stéatite inscrit et en compagnie
de quatre monnaies de cuivre d'Azès à l'état neuf. Le conditionnement même du dépôt ne prouve
qu'une chose, à savoir qu'il était postérieur à l'an 30 avant notre ère : mais toutes les présomptions
sont pour qu'il ne lui soit pas postérieur de beaucoup. D'autre part, l'inscription nous avertit qu'il
s'agit d'une de ces « restaurations » postérieures à l'invasion scythique auxquelles nous avons déjà
fait allusion. Ainsi que le remarque M. Sten Konow « nous n'avons aucun droit d'assumer que
[le donateur] Çivarakshita ait fait autre chose que de donner le vase [de stéatite]. Il se peut que
les reliques aient été plus anciennes et que tel fût aussi le cas du reliquaire d'or... » : supposition
d'autant plus probable que celui-ci avait déjà perdu son couvercle dans la bagarre. Tout bien consi-
déré, il y a donc les plus grandes chances pour que nous possédions une image — mais non une
statue — du Buddha antérieure d'assez loin à la naissance du Christ. Viennent ensuite — longo
sed proximi intervallo — les deux Buddhas portant leur date incisée sur leur socle, l'un (en prove-
nance du Svât) de l'an 318, et l'autre (originaire de Pushkarâvati) de l'an 384 d'une ère non spéci-
fiée. M. J.-Ph. Vogel a proposé de les rapporter à l'ère qui fut le modèle de toutes les autres en Asie,
à savoir celle des Séleucides (312 av. J.-C.). De notre côté, nous avons suggéré l'emploi d'une
ère dont l'exemple des Séleucides aurait inspiré la création aux *jyotisha* des Mauryas et qui aurait
commencé en 321/2 avant la nôtre : mais l'existence de cette computation est seulement postulée
par le fait que l'ère dite Çaka (78/9 ap. J.-C.) débute exactement avec son quatrième siècle,
et la preuve écrite qu'on en avait cru trouver dans l'inscription de Khâravéla s'est révélée caduque.
Une récente communication de M. Sten Konow nous apprend enfin que M. H. Lüders et lui ont
des raisons probantes de faire intervenir l'ère des Arsacides, ce qui n'aurait après tout rien que de
naturel au temps ou au lendemain de la domination indo-parthe. L'une des statues remonterait
ainsi à l'an 70 et l'autre à l'an 136 de notre comput. Les quarante dernières années ne nous ont rien
apporté de plus : mais la parole reste aux fouilles futures ; et ces quelques spécimens permettent
d'attendre avec confiance que des trouvailles nouvelles corroborent ce qu'ils nous donnent déjà
à penser, à savoir que, se superposant peu à peu au seul culte de la Loi et des reliques du Maître,
1
.
.
.
.
|
.
.
.
.
11
.
.
.
.
|
.
.
.
.
21
.
.
.
.
|
.
.
.
.
31
.
.
.
.
|
.
.
.
.
41
.
.
.
.
|
.
.
.
.
51
.
.
.
.
|
.
.
.
.
61
.
.
.
.
|
.
.
.
.
71
.
.
.
.
|
.
.
.
.
81
.
.
.
.
|
.
.
.
.
91
.
.
.
.
|
.
.
.
.
101
.
.
.
.
|
.
.
.
.
111
.
.
.
.
|
.
.
.
.
121
.
.
.
.
|
.
.
.
.
131
.
.
.
.
|
.
.
.
.
141
.
.
.
.
|
.
.
.
.
151
.
.
.
.
|
.
.
.
.
161
.
.
.
.
|
.
.
.
.
171
.
173
174
175
176
177
.
.
.
181
.
.
.
.
|
.
.
.
.
191
.
.
.
.
|
.
.
.
.
201
.
.
.
.
|
.
.
.
.
211
.
.
.
.
|
.
.
.
.
221
.
.
.
.
|
.
.
.
.
231
.
.
.
.
|
.
.
.
.
241
.
.
.
.
|
.
.
.
.
251
.
.
.
.
|
.
.
.
.
261
.
.
.
.
|
.
.
.
.
279
280
Copyright (C) 2003-2026
National Institute of Informatics(国立情報学研究所)
and
The Toyo Bunko(東洋文庫). All Rights Reserved.
本ウェブサイトに掲載するデジタル文化資源の無断転載は固くお断りいたします。