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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0192 La Vieille Route de l'Inde de Bactres à Taxila : vol.2
インドからバクトリアのタキシラに到る古道 : vol.2
La Vieille Route de l'Inde de Bactres à Taxila : vol.2 / 192 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000237
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digue qui contenait les Barbares par delà l'Oxus crève une fois de plus (bien naïf qui croirait que ce fut la première fois parce que c'est la première débâcle dont nous ayons pris connaissance) ; mais toutes ces vagues de nomades qui déferlent sur l'Afghânistân, le Pañjâb et le Sindh n'y arrivent que par le Nord ou l'Ouest, déjà plus ou moins teintées d'iranisme, et sont finalement re­couvertes par l'expansion des Sassanides, renouvelée de Cyrus et de Darius Ier. La brutale mais brève intrusion des Huns, puis celle moins funeste des Turcs ne changeront rien au fond des choses ; et quand le branle d'Ouest en Est reprendra de plus belle, fouetté par le souffle ardent de l'Islam, qu'il soit mené par les généraux arabes, les chefs afghans ou les « esclaves » turcs, et finalement par les Grands-Moghols, le seul bon côté de l'affaire est, de notre point de vue européen, que ce courant quasi continu charrie toujours vers l'Hindûstân quelques épaves de la civilisation occidentale.

Ainsi du moins nous apparaît dans son inexorable développement ce que nous avons cru pouvoir appeler d'un mot l' « iranisation » de l'Inde blanche, en attendant que s'amorce, mais cette fois par mer et sur une échelle encore plus vaste, l' « européanisation » de l'Inde entière. Toute­fois ces termes abstraits et vite dits ne sauraient satisfaire que les esprits superficiels. Il appar­tiendra aux futurs spécialistes d'examiner à la fois plus à fond et plus en détail, en les contrôlant par le résultat des fouilles, les principaux aspects qu'au vu et au su des anciens observateurs dont nous possédons les témoignages écrits, la dite iranisation a revêtus dans la pratique. Déjà, pour compléter ce résumé sommaire, il ne serait pas superflu, après avoir noté le point de départ et fixé la direction générale de ce mouvement, de prendre une idée des aboutissements que nous pouvons observer de nos propres yeux. Quelle que soit la documentation accrue dont disposeront les historiens du passé du Moyen-Orient, ils auront toujours à tâche de rendre compte des faits actuels. Au point de vue racial il ne faudra sans doute négliger ni l'expansion moderne des Bélu­chîs et des Pathâns Yûsufzai sur la rive droite de l'Indus, ni non plus l'incessant afflux de merce­naires et d'aventuriers venant de la Perse ou de la Haute-Asie grossir les rangs et renouveler le sang des conquérants musulmans : encore s'agit-il avant tout de justifier les distinctions fonda­mentales déterminées de nos jours par les anthropologues, au dire desquels l'élément dominant de la population est, comme on pouvait s'y attendre, indo-aryen au Pañjâb, scytho-dravidien au Sindh, irano-turc en Afghânistân. Au point de vue linguistique on devra expliquer comment, le persan étant devenu la langue de la cour de Delhi aussi bien que de Ghazni, de son mélange avec l'hindi est né l'ûrdû ; ou encore pourquoi l'Afghânistân n'a aujourd'hui le choix qu'entre le persan et un dialecte iranien de portée beaucoup plus restreinte, mais qu'il serait flatté d'ériger en langue nationale, le pashtû. Subsidiairement on ne devra plus être surpris de constater que le Nord-Ouest, après avoir eu jadis son écriture particulière, reste partagé, maîtres et écoliers, entre l'usage de l'alphabet arabe et celui de la déva-nâgarî. Au point de vue religieux la propagande musulmane a irrémédiablement faussé la perspective, et l'on aura grand-peine à deviner en Afghâ­nistân, sous ce vernis quasi uniforme, les vestiges des anciens cultes, que ceux-ci fussent iraniens ou indiens : du moins sur la façon dont la religion des conquérants peut influencer celle des conquis, la floraison au Pañjâb du Sikhisme, ce manifeste compromis entre l'hindouisme et l'islamisme, peut fournir une utile leçon de choses. Est-il enfin nécessaire de rappeler à quel point, confor­mément à des précédents antérieurs à notre ère, les monuments historiques et les écoles de pein­ture de l'Hindûstân moderne trahissent l'empreinte du style persan ? Bref, de quelque manière et à quelque date qu'on envisage le développement social, politique ou culturel de la région qui s'étend entre l'Inde et l'Irân, il faudra qu'iranisants et indianistes se mettent d'accord pour rendre compte de deux faits pour eux capitaux. D'une part, les plaines de l'Indus sont depuis tantôt vingt siècles