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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ
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La Vieille Route de l'Inde de Bactres à Taxila : vol.2 |
| インドからバクトリアのタキシラに到る古道 : vol.2 |
引用情報
OCR読み取り結果
sement l'un d'eux, quand une fois on lui a rajusté sa tête, est à peu près complet (Cat. nº 34;
pl. XXXIV d). Le flacon qu'il tient dans sa main gauche nous avait d'abord fait penser au Bodhisattva
Maitreya ; mais le fait qu'il ne porte aucun bijou, joint à sa chevelure flottante, montre qu'il s'agit
simplement d'un novice brahmanique. Le petit zélateur du nº 35 porte au contraire ses cheveux
ramassés sous un turban qui a perdu son bouffant, mais a conservé son agrafe sur la tempe
gauche. Quant au nº 36, son gros chignon bas, à demi caché sous une grosse boucle d'oreille, semble
indiquer une femme (pl. XXXVI g et h).
3º En contraste marqué avec toutes ces figures souriantes et rêveuses se présentent les
quatre spécimens suivants (Cat. nºs 37-40). Ceux-ci appartiennent à la bande des génies-atlantes
et représentent en face du beau idéal (et, il faut l'avouer, « académique ») des Buddhas et des Bodhi-
sattvas ou de leurs zélateurs, la veine populacière et grimaçante de l'École : car on ne saurait
refuser à celle-ci, surtout chez ses coroplastes, un sens très aigu de la caricature et du grotesque.
La petite figurine accroupie porte sur l'épaule une amphore, signe trop certain des propensités
de tous ses congénères Yaksha pour les boissons enivrantes (pl. XXXVI k). Une petite tête du
même module se mord la lèvre inférieure d'un air furibond. De plus grande taille, et d'un ordre
plus élevé dans la tribu démoniaque, sont les deux autres génies auxquels leurs cheveux hérissés
font comme un nimbe de rayons. La plus grande surtout, avec ses sourcils froncés et ses traits
tourmentés, a l'allure de défi et de révolte fréquente chez ces soutiens mal résignés de l'édifice
religieux (pl. XXXVI i).
Leur tâche ingrate est, on le sait, partagée par des protomés de lions et d'éléphants. La
gueule béante de notre lion (Cat. nº 41; pl. XXXVI j) montre assez clairement que, lui aussi, se
sentait écrasé par le poids de la frise qu'il supportait jadis. Quant à notre éléphant (Cat. nº 42;
pl. XXXVI n), il joue simplement le rôle de bucrâne relevant par intervalle les rinceaux d'une
guirlande. Un assez beau spécimen de chapiteau d'acanthes est resté sur le terrain.
CONCLUSIONS HISTORIQUES. — Ce bref inventaire et une rapide lecture du catalogue ci-
joint suffisent à montrer que notre première collection afghane est, dans sa petitesse, suffisamment
complète et représentative. Aussi nous croyons-nous autorisés, sinon à en tirer des conclusions
de large envergure, du moins à répéter à leur propos celles que nous ont déjà suggérées les collec-
tions beaucoup plus considérables de Peshâwar et de Taxila. Les fouilles persévérantes que Sir
John Marshall a conduites avec autant de bonheur que de talent autour de cette dernière ville
ont permis d'étendre à la rive gauche de l'Indus les notions déjà acquises au sujet du Gandhâra
proprement dit : il n'est peut-être pas sans intérêt de constater que notre prospection de Nagara-
hâra et de Hadda a dès l'abord établi la validité de ces mêmes notions pour la vallée moyenne de
la rivière de Kâbul. De Jelâlâbâd à Rawâl-Pindi nous avons toujours affaire à la même École (3).
La ressemblance est surtout étroite, comme nous l'avons déjà signalé dès le début, entre la
décoration des monastères de Jaulîân et de Teppeh-Kalân, aux deux extrémités de ce territoire et, ici
comme là, les fouilles n'ont guère remis au jour que des images de stuc. Devons-nous croire que le
Gandhâra (district de Peshâwar) et l'Udiyâna (Svât et Bûnér) aient eu le monopole de cette sculpture
sur schiste bleu-vert qui est devenue pour nous le principal produit de l'École gréco-bouddhique?
En d'autres termes, le centre de l'aire géographique en question a-t-il seul possédé de véritables
ateliers de sculpteurs tandis que les confins, tant orientaux qu'occidentaux, n'auraient guère eu
à leur service que des modeleurs? Il semble bien établi que les rares statues et bas-reliefs de schiste
trouvés autour de Taxila et de Hadda y ont été apportés tous faits de la rive droite de l'Indus : mais c'est que
les collines de Taxila sont toutes de calcaire. Il n'en va pas de même pour les montagnes qui entou-
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