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0218 La Vieille Route de l'Inde de Bactres à Taxila : vol.2
La Vieille Route de l'Inde de Bactres à Taxila : vol.2 / Page 218 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000237
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APPENDICE III

NOTES SUR L'ÉPIGRAPHIE ANCIENNE
DE L'AFGHĀNISTĀN

Nous ne pouvons terminer cette rapide revue des antiquités qui bordent la section afghane
de la vieille route de l'Inde sans toucher un mot de son épigraphie ancienne, si pauvre que soit
encore celle-ci. En contraste curieux avec la richesse inépuisée des trouvailles numismatiques
et artistiques, le sol afghan n'a, en effet, rendu jusqu'ici qu'un très petit nombre d'inscriptions
préislamiques. Il faut dire que les fouilles viennent seulement de reprendre, et que celles du siècle
dernier ne visaient guère qu'à rafler au plus vite des lots de monnaies. Il reste permis d'espérer
que les prochaines recherches, menées de façon plus méthodique et plus suivie, exhumeront de
plus nombreux témoignages écrits sur pierre, sur argile, sur métal ou sur écorce de bouleau — bref
du type de ceux dont nous possédons déjà quelques spécimens — remontant aux périodes perse,
grecque, indo-scythe, sassanide et turco-indienne de l'histoire du Nord-Ouest.

LES INSCRIPTIONS ARAMÉENNES. — Il est encourageant de constater que des vestiges de la
plus ancienne de ces époques sont parvenus jusqu'à nous : nous voulons parler de deux fragments
d'inscriptions en langue et en écriture araméennes qui, s'ils ne sont pas contemporains de la domi-
nation achéménide, attestent du moins l'influence profonde que celle-ci a exercée sur la région
(supra, p. 360). La première a été découverte par Sir John Marshall sur un débris de pilier octo-
gonal en marbre blanc, réemployé dans une muraille de Sir-Kap, la ville indo-parthe de Taxila.
Brisée par le milieu, ses douze lignes ne comptent plus qu'une dizaine de lettres. Dès 1917,
F. C. Andreas et en 1928, M. E. Herzfeld ont lu indépendamment aux lignes 9 et 12 le nom de Priya-
darśi exactement sous la forme que lui donnent les édits en kharoshthi de Manśehra et de Shāh-
bāz-Garhī; et comme la paléographie rapporte l'inscription au IIIe siècle avant J.-C., il devient vrai-
semblable que « la gracieuse Majesté » ainsi mentionnée ne soit autre que le grand empereur Maurya,
d'autant que, du vivant de son père, Açoka s'était vu confier la vice-royauté de Taxila. La seconde
inscription araméenne, également gravée sur pierre et en partie brisée, aurait été trouvée au
Laghmān près du Pul-é-Darunta, c'est-à-dire du pont qui, franchissant la grande rivière, fait
communiquer ce district avec celui de Jelālābād (cf. supra, p. 35). Conservée au Musée de Kābul,
elle ne compte que huit lignes incomplètes dont le début et (sauf pour la dernière) la fin manquent.