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0053 Shotorak : vol.1
Shotorak : vol.1 / Page 53 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000276
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serpent qu'il vient de dompter dans le temple du feu; du serpent, nous apercevons
seulement l'extrémité qui émerge du bol, juste ce qui nous est indispensable pour
que le doute ne soit pas permis. Et le Buddha tend ce bol à Kāśyapa d'Uruvilvā,
l'aîné des trois frères, qui manque littéralement d'en choir d'ébahissement. En
effet, ce n'est pas seulement son grand âge qui fait fléchir ses genoux; son air ahuri,
son bras levé comme pour se protéger, traduisent assez sa stupéfaction mêlée de
crainte. Son vêtement succinct, son chignon et le vase à eau qui pend de sa main
gauche, achèvent de nous renseigner sur son identité.

(K. — Haut. 24; larg. 9 cm.)

N° 155 (Pl. XIX. 62). — L'autre bas-relief, remarquable non seulement par
ses dimensions, mais aussi par sa qualité, le nombre de ses personnages et son état
de conservation, est le N° 155, trouvé in situ et dont il a déjà été question, p. 18.
Le Buddha, dont la prééminence est soulignée par sa taille qui dépasse nettement
celle des autres personnages, est assis au centre, la main droite levée et tenant de
la gauche un pan de son manteau; comme pour ceux des Nos 123 et 194, sa lèvre
est ornée d'une moustache. Trois brahmanes barbus s'approchent du Buddha,
l'un à sa gauche, deux à sa droite; ce sont sans doute les trois frères : Kāśyapa
d'Uruvilvā, Kāśyapa de Gayā et Kāśyapa de Nadī, qui viennent lui rendre hommage
et reconnaître sa loi après leur conversion; chacun d'eux est suivi d'un jeune
brahmacārin imberbe destiné à figurer leurs nombreux disciples. A l'extrémité droite,
un donateur en riche costume kuṣaṇa et son épouse; celle-ci vêtue à la mode grecque
(Pl. XX. 63). Une femme vêtue de même manière figure à l'extrémité d'un socle
conservé au Musée de Kābul et provenant de Pāitāvā (Mission J. Hackin, 1924)
[cf. L'Œuvre de la Délégation archéologique française en Afghanistan (1922-32), par
J. Hackin. Tōkyō, 1933, Fig. 29 et pp. 16 à 18].

Les six brahmanes, de traits et d'expressions divers, nous avaient déjà fait
penser à des portraits; ici le doute n'est plus permis; les donateurs ont posé devant
l'artiste qui a su rendre, non seulement la finesse et la richesse des vêtements et
des parures, mais aussi la dignité, l'air recueilli des visages et la distinction de ses
modèles. Nous retrouvons sur le donateur la même ceinture que portaient les
deux marchands du N° 123, mais ici, sa blouse, recouvrant le pantalon, tombe
jusqu'aux genoux, et il a revêtu de plus une sorte de veste à longues manches,
semblable au tchapan d'aujourd'hui, fermée seulement par un bijou qui maintient
les côtés bord à bord. Le donateur est tête nue et porte la barbe taillée court.
Son épouse le suit mains jointes, vêtue d'une longue robe à manches dont les plis
viennent cacher en partie les pieds et sont resserrés autour du corps par un
deuxième vêtement largement drapé. Elle porte deux colliers circulaires, des
boucles d'oreilles, et une coiffure en forme de diadème repose sur le savant
arrangement de ses cheveux bouclés.

Des devatās, quatre à la droite du Buddha, cinq à sa gauche, paraissent à
mi-corps au second plan, sans qu'il soit possible de leur attribuer une identité;
certaines, de leur bras levé, font pleuvoir des fleurs jetées à poignées. Au centre
du registre supérieur est assis le Bodhisattva Maitreya; de chaque côté, huit
personnages s'avancent pour lui rendre hommage.

En tout trente-cinq personnages, c'est bien le bas-relief le plus chargé de

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