National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books

> > > >
Color New!IIIF Color HighRes Gray HighRes PDF   Japanese English
0084 Nouvelles Recherches Archéologiques à Bāmiyān : vol.1
Nouvelles Recherches Archéologiques à Bāmiyān : vol.1 / Page 84 (Color Image)

New!Citation Information

doi: 10.20676/00000275
Citation Format: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR Text

décoration, nous l'avons vu, trouve son origine dans les éléments décoratifs du
plafond du sanctuaire D. Les vases enrubannés, maintenant traités en relief,
sont les mêmes que ceux que nous avons aperçus dans la salle de réunion du
groupe C. Les *Kirti-mukha*, qu'il s'agisse des faces débonnaires et bouffies de la
grotte XI ou des masques grimaçants de la grotte I, sont proches parents des
pièces de raccord que nous avons vues entre les arcatures du sanctuaire D. Le
complexe que représentent, du point de vue décoratif, ces grottes avoisinant
le Buddha de 53 mètres est constitué d'un dosage savamment établi d'éléments
empruntés à la Perse et à l'hellénisme oriental, le Bouddhisme traditionnel
étant représenté par les images des Buddhas qui trônaient dans les arcatures.
Ces grottes, les dernières en date de Bamiyan, puisqu'elles représentent le déve-
loppement et l'épanouissement d'éléments décoratifs déjà existants dans les
grottes voisines du Buddha de 35 mètres, doivent s'échelonner entre le VIe
et la première moitié du VIIe siècle de notre ère. La grotte V groupe des élé-
ments d'une grande variété : ceinture d'arcatures et plafond à fausses poutres
pourvu d'éléments décoratifs iraniens. Cette grotte peut également être du
VIe siècle.

Les peintures du sanctuaire de Kakrak doivent, à mon sens, être consi-
dérées indépendamment, bien qu'elles soient également soumises à l'influence
sassanide : le type physique des Buddhas de Kakrak, un peu empâté, reste
encore très proche des origines indiennes. Le décor environnant, frontons cou-
pés, décor de balustrades, *stûpa*, nous est extrêmement familier ; chacun des
Buddhas inscrits sous les frontons coupés pourrait être pris pour la transpo-
sition picturale de tel ou tel bas-relief gandhârien. Les chapiteaux à réminisé-
cences perses que l'on retrouve aussi bien à Kakrak que sur telle stèle gandhâ-
rienne du Musée de Lahore (1) indiquent très nettement par quelle voie se
sont infiltrées les influences iraniennes. Un élément très spécial de l'iconogra-
phie de Kakrak nous fournit un repère chronologique assez sûr ; nous enten-
dons faire allusion à ce fameux « roi chasseur » qui vient s'insérer dans la
série des Buddhas qui trônent sous les frontons coupés du pourtour du sanc-
tuaire ; ce personnage s'apparente très nettement à une image princière figu-
rant à l'avers d'une monnaie de bronze (fig. XII, a), encore inédite, provenant
de la région de Ghazni et appartenant, nous semble-t-il, à la série kusâno-