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0021 Les Fouilles de Haḍḍa I : vol.1
Les Fouilles de Haḍḍa I : vol.1 / Page 21 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000277
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Dans sa relation de voyage, Hiuen-tsang fait remarquer [7, I, 74] le soin que l'on apportait
aux Indes à la construction des *saṅghāramas* et leur attribue une tour d'angle *à trois étages* (deux,
selon St. Julien), tours creuses et consacrées vraisemblablement à des habitations, ce que
confirmerait d'ailleurs cette autre indication du pèlerin chinois, à savoir : qu'il en ressort des
poutres aux extrémités sculptées.

De toutes les enceintes explorées à Haḍḍa, seule celle de Bāgh-Gaï a paru consolidée par des
tours d'angles. Il est vrai que dans les autres sites les murs étaient trop démolis pour autoriser la
moindre observation en ce sens, et dans les quelques cas où nos excavations ont rencontré les
encoignures en bon état, aucune d'elles n'a révélé cette disposition. La présence des tours n'est donc
pas un caractère constant dans les enceintes de fondations bouddhiques.

Les tours de Bāgh-Gaï étaient pleines au moins jusqu'à trois mètres de leur hauteur, niveau
qu'atteint leur dégradation. Elles sont placées non seulement aux angles, mais flanquent aussi la
porte d'entrée du monastère. Un épais soutenement, de section carrée, s'élève, en outre, à la jonc-
tion du monastère et de l'enceinte des *stūpa*. Cela pourrait laisser supposer toutes ces tours édifiées
en soutenement ; mais, à Jaulian, des murs percés de meurtrières confirment le caractère militaire
de l'enceinte. Les tours en seraient donc un élément défensif.

Concernant Haḍḍa, la conservation des murs était insuffisante pour une constatation de ce genre,
mais si leur crête avait été visible, fût-ce en un seul endroit, la présence ou l'absence de chemins
de ronde eût résolu le problème.

Ces enceintes, dont la construction s'est perpétuée jusqu'à nos jours, réalisent le type du fortin
syrien, grec ou romain, l'*hydreuma* élevé à chaque étape des routes anciennes, fortins par-
fois dépourvus de tours, mais dont les murs étaient toujours couronnés d'un étroit chemin de
ronde protégé à l'extérieur par un autre mur mince et bas, disposé en garde-fou. Au sommet
des tours, qui, comme dans Bāgh-Gaï sont pleines, le chemin s'élargissait et en épousait le
contour.

Dans l'intérieur de ces fortins (fig. 3), les habitations étaient disposées en rangées adossées à
l'enceinte et toutes semblables, avec des portes situées aux mêmes endroits et toujours près
d'un coin. Tel est aussi le monastère de nos fondations bouddhiques, quand sa construction est