National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books
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Les Fouilles de Haḍḍa I : vol.1 |
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Il est possible aussi que l'on ait employé la gomme d'abricotier comme liant, ainsi que le jaune
d'œuf, car ce sont des procédés encore en usage et qui ont pu se perpétuer depuis l'antiquité la
plus reculée, en raison de leur grande simplicité. Il est à remarquer que ces stucs sont très durs
et le béton auquel on les a employés, plus ou moins mélangés à la terre, est toujours difficile à
entamer.
L'application du stuc aux endroits à décorer se faisait à l'aide d'une petite truelle triangulaire,
dont la pointe, imprimée en creux le long des surfaces nues, donnait, à peu de frais, un motif
ornemental. Sa forme nous a été ainsi conservée dans les stûpa B, 14 et B, 30.
Certains de ces stucs devaient être d'une application difficile par suite de leur adhérence aux doigts
ou aux outils de l'opérateur. On les étendait alors sur une étoffe (TK, 133) et après avoir
été appliqués soigneusement sur la surface qu'ils devaient recouvrir, le linge était retiré. L'empreinte
de ce dernier, qui a subsisté, trahit le procédé. Au-dessus de cette couche, un autre stuc dans
lequel devaient être modelés les ornements était étendu, si bien que le premier semble être une
zone d'adhérence entre le dernier et les pierres de taille de l'édifice.
Le calcaire étant rare, même introuvable au voisinage de Haḍḍa, la chaux devait être d'un prix
élevé. De larges lamelles de gypse ayant été trouvées dans les fouilles de Begram, au milieu des
décombres, avec d'autres produits également rares, comme la nacre et le lapis-lazuli, il est possible
que ce soit le minéral auquel on ait eu recours pour la fabrication du plâtre.
Le marbre (cipolin) de Dar-Ounta ne peut donner de chaux, car, trop magnésien, il ne cuit pas,
de sorte que l'on doit considérer le gypse et la chaux comme des matières étrangères au pays,
difficiles, de ce fait, à se procurer, donc précieuses.
J'ignore également la provenance des ocres rouge et jaune utilisés comme peintures. Le lapis-
lazuli employé comme couleur provenait de la Haute-Koktcha où le gîte était encore exploité
voici quelques années. Un autre gîte a été récemment découvert près de Maimana.
Le talc provenait des montagnes s'élevant au Nord de Begram. Il servait, après avoir été por-
phyrisé, aux enduits des murs. C'est un minéral blanc, presque pur, encore extrait de cet endroit
et dont on trouve d'abondants débris dans les ruines du Kohistan; il était donc d'un emploi courant.
C'est sur des lamelles de schiste que sont modelés les ornements épais, comme les consoles et
les modillons.
Ces lamelles servaient de tenons, elles s'enfonçaient profondément dans le stûpa, maintenues
entre deux de ses pierres de taille ou noyées dans la maçonnerie. Dans les modillons, elles sont
généralement jumelées. Pour les bas-reliefs en schiste, de même que pour certaines statues, de
gros clous en fer, semblables à des boulons sans écrous, constituaient les tenons.
Avant d'aborder l'examen des pierres de taille, une remarque s'impose, inspirée par la nature
des pierres schisteuses employées dans les constructions. Ce sont toujours des lamelles ou des
dalles plus ou moins épaisses, se délitant donc suivant des plans de séparation faciles à susciter
jusqu'à l'obtention d'une épaisseur limite. Celle-ci atteinte, on constate qu'en brisant ces dalles,
elles se déchiquettent sur leurs cassures. Parfois, ce sont des schistes ardoisiers se résolvant, sous
un choc sec, en menues lamelles parallèles. D'autres dalles sont gneissiques et remplies de grenats.
Il ne fait aucun doute que ces pierres sont empruntées au voisinage de la localité, soit aux
montagnes dominant Djelal-Abád, soit aux collines limitant la dépression de Haḍḍa. Point n'est
besoin, pour en trouver, de remonter jusqu'au Safed-Koh.
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