National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books

> > > >
Color New!IIIF Color HighRes Gray HighRes PDF   Japanese English
0053 Les Fouilles de Haḍḍa I : vol.1
Les Fouilles de Haḍḍa I : vol.1 / Page 53 (Color Image)

New!Citation Information

doi: 10.20676/00000277
Citation Format: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR Text

D'une manière générale, on peut assurer qu'un corps carré surélevé suppose à sa surface des
statues de Bouddha en marche et des niches cintrées, par conséquent une superposition de
pilastres. Il est possible que ces niches aient abrité des scènes de la vie du Bouddha ou des
représentations de légendes, mais aucune d'elles n'ayant été trouvée en place, alors que presque
tous nos corps inférieurs étaient bien conservés, on est en droit de conclure que ces scènes
devaient orner de préférence les étages supérieurs qui ont été les premiers détruits, naturellement.

Une pareille hypothèse s'explique aisément par la raison que la partie inférieure du stûpa étant
cachée ou peu apparente, n'avait pas besoin de cette ornementation qui, normalement, devait être
réservée aux endroits les plus visibles de l'édifice.

Comme Jaulián, Haḍḍa possède quelques stûpa ornés d'atlantes. Ceux-ci sont taillés dans la
pierre ou exécutés en stuc. Ils sont disposés par groupes de deux ou séparés alternativement par
un éléphant ou un pilastre. Aux angles, leur sont associés des lions, disposition rappelant
encore celle de Jaulián.

Le socle d'atlantes est une adjonction superflue aux lignes du stûpa, ne faisant pas traditionnel-
lement partie de son architecture. Un bandeau en retrait, avec des amours portant une guirlande,
supporte le stûpa, qui, ainsi, ne repose pas sur le sol. Cette disposition est donc bien celle d'un
soubassement, construit à un édifice qui en est déjà pourvu. Dans l'esprit du constructeur, le sou-
bassement du stûpa est entré dans sa ligne architecturale et n'en est plus un auxiliaire mais bien
un élément indispensable.

Matériaux employés.

Du fait de la pauvreté du pays en matériaux, ceux que l'on a employés dans la construction
des stûpa ne sont pas variés. Le plus souvent, on a fait appel aux mêmes qui ont servi à l'édi-
fication des murs : galets ou moëllons de taille variées et recueillis dans la vallée voisine, pierres
du plateau, provenant de sa surface où l'altération du conglomérat les a réparties. Ces dernières
sont très recherchées à cause de leur rugosité les rendant très adhérentes les unes aux autres dans
la maçonnerie. Le mortier qui les unit est toujours de la boue extraite de la vallée aux endroits
où des alluvions fines se substituent au cailloutis.

La maçonnerie ainsi faite est très résistante par suite de l'élasticité de la boue, aussi n'y voit-on
jamais la moindre fissure. Les tremblements de terre, cependant fréquents dans le pays et parfois
violents, ne l'ont pas démolie; seule une érosion lente en a raison. Le vent et la pluie enlèvent
en effet superficiellement le ciment de boue; finalement, les moëllons se détachent de la maçon-
nerie et en tombant, se répartissent au voisinage de l'édifice.

Dans la station de Chakhil-i-Ghoundi, les galets utilisés dans la construction du stûpa principal
ou de ses souténements étaient de petite taille et si bien calibrés que la maçonnerie devenait un
véritable béton. A la partie supérieure de ce dernier, comme à divers endroits de la surface du
Tapa-Kalân, existait un béton de cailloux et de chaux d'une telle résistance que la pioche l'entamait
très difficilement.

La brique crue a été employée, mais rarement; il semble qu'elle ait été réservée à la cons-
truction des premiers édifices, puis de quelques toitures en terrasses. Le stûpa TK, 1a, était con-
struit de grands carreaux crus. Quant à la brique cuite, bien que rare, elle est plus fréquemment