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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0104 Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.1
東アジアの記憶 : vol.1
Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.1 / 104 ページ(白黒高解像度画像)

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doi: 10.20676/00000249
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OCR読み取り結果

pouvait se demander quelle avait été la mesure du travail de Tsiao Ping-
tcheng. Un Keng tche t'ou plus ancien, encore inconnu, devait seul per-
mettre de décider si Tsiao Ping-tcheng avait créé ses planches de toutes
pièces, ou s'il les avait seulement modernisées en y appliquant des règles de
perspective qui trouvèrent d'ailleurs chez ses compatriotes, en dehors de la
Cour, un accueil assez froid.

M. B. Laufer nous a sortis d'embarras. En 1908, il acquérait chez un
libraire de Tôkyô une édition japonaise du Keng tche t'ou, gravée en 1676,
et qui n'était que la reproduction, avec quelques lacunes, d'une édition chi-
noise parue en 1462. Cette trouvaille fut annoncée dans le T'oung Pao de
1912 (pp. 97-106). Il était dès lors possible d'étudier les rapports éventuels
entre les planches de Tsiao Ping-tcheng et l'ancien Keng tche t'ou des
Song. C'est ce travail que M. Franke vient de mener à bien en entourant
son enquête des renseignements connexes qui pouvaient en accroître et en
préciser les résultats. Le livre de M. Franke est, à bien des égards,
excellent ; c'est sur lui que je m'appuierai pour mettre en valeur les docu-
ments nouveaux que des circonstances favorables m'ont mis à même de
rassembler.

La première question à élucider était celle des origines de l'ancien
Keng tche t'ou. Le Catalogue impérial du dix-huitième siècle (chap. 102,
fol. 13 vº-14 rº) consacrait une notice au 耕織圖詩 Keng tche t'ou che que
les bibliographes impériaux avaient reçu du gouverneur du Tchô-kiang,
mais le reléguait dans la section des livres dont on se bornait à « conserver
les titres » (ts'ouen-mou), c'est-à-dire que l'ouvrage n'était pas jugé digne
d'être copié pour le Sseu-k'ou-ts'iuan-chou. La notice explique cet ostra-
cisme. Le titre de Keng tche t'ou che signifie mot à mot « Poésies, avec
planches, relatives à l'agriculture et au tissage ». Or il y avait dans les
collections du palais « un exemplaire peint¹, » qui avait été « gravé sur
pierre avec des notices dues à l'empereur », et qui comprenait vingt et une
planches relatives à l'agriculture et vingt-quatre relatives au travail de la
soie, chaque planche étant accompagnée d'une poésie. L'exemplaire envoyé
par le gouverneur du Tchô-kiang ne contenait que 35 poésies², et pas une
planche ; il fut donc écarté. Quant à l'histoire même de l'ouvrage, les biblio-