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0221 Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.1
Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.1 / Page 221 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000249
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ment moderne, ne nous autorise à y voir une image de Lakshmi. Tout au
contraire, l'ensemble de la décoration du monument¹ nous invite à y
reconnaître un sujet tout différent, et beaucoup mieux en harmonie avec la
destination de ce gigantesque ex-voto bouddhique. La simple statistique des
motifs figurés sur les quatre portes du grand stûpa et la petite porte voisine
démontre en effet que la grande majorité des panneaux disponibles est
consacrée à la perpétuelle réédition des quatre principaux événements de la
vie du Buddha : sa naissance, son illumination, sa première prédication, sa
mort. Nous comptons en effet dix-huit fois l'arbre de sa Bodhi, dix fois la
roue de sa Loi, huit fois au moins le tumulus de son Parinirvâna². Quand
ensuite nous voyons revenir jusqu'à dix fois la femme aux lotus, immédiate-
ment la conclusion s'impose que ce motif représente pour sa part la scène
de la Nativité. Cette présomption s'affirme à mesure que nous suivons l'évo-
lution du motif (voir fig. 6-9). Tout d'abord ce n'était, selon la formule hiéro-
glyphique de l'ancienne école, qu'un simple bouquet de lotus, emblème de
la naissance miraculeuse du Maître (fig. 6). Puis on aperçoit sa mère Mâyâ
— non pas cette fois, comme à Barhut³, couchée sur son lit dans l'attente
de la « descente du Bhagavat » — mais simplement assise sur le lotus sym-
bolique (fig. 7). Bientôt prennent place à ses côtés les deux Nâga (ici conçus
et traités comme des éléphants et non comme des serpents, ainsi que le
double sens du mot⁴ y autorisait les sculpteurs) qui, selon une tradition
formelle et constamment répétée, baignèrent le nouveau-né aussitôt après
l'accouchement : on remarquera que sur la figure 8, de même
que sur la figure 6, les tiges des lotus continuent à jaillir de l'ouverture
d'un vase. Encore une reprise (fig. 9) et, d'une façon toujours plus conforme
à la lettre des textes, la mère se tient debout tandis que se déploie au-des-
sus de sa tête le parasol qui, est-il écrit, apparut dans les airs à ce moment