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0123 Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.1
Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.1 / Page 123 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000249
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Le second rouleau ne contient aucune planche annexe, mais sur la
dernière planche de ce rouleau consacré à la soie, et à la suite de sa der-
nière poésie, l'empereur K'ien-long a signé et daté; l'année indiquée est,
comme pour la préface, l'année ki-tch'eou, 1769.

De ces diverses notices, il résulte clairement que, vers le milieu du
dix-huitième siècle, un rouleau de Tableaux du tissage, faussement attribué
à Licou Song-nien, avait été offert à l'Empereur; en 1769, on lui présenta
un nouveau rouleau contenant les Tableaux du labourage, et ceux-là
aussi, bien que non signés, lui furent donnés comme l'œuvre de Licou
Song-nien. Un examen plus attentif montra que les deux rouleaux, copiés
de l'œuvre ancienne de Leou Cheou, étaient en réalité dus à Tch'eng K'i,
qui devait vivre dans la seconde moitié du treizième siècle. En cette même
année 1769, par ordre de l'empereur, les deux séries de tableaux furent
gravées sur pierre. Quand donc, quelques années plus tard, les commis-
saires du Sseu-k'ou-ts'iuan-chou parlent de « l'exemplaire peint » con-
servé au palais et qui a été « gravé sur pierre », il est hors de doute
qu'il ne s'agit pas du Keng tche l'ou de Tsiao Ping-tcheng gravé sur bois
en 1696 ou de sa réplique par Tch'en Mei gravée en 1739, mais de celui de
Tch'eng K'i reproduit sur dalles de pierre en 1769.



Nous sommes ainsi en possession d'une nouvelle édition du Keng
tche l'ou; mais quel en est l'intérêt? Ce Keng tche l'ou gravé en 1769 n'est-il
que la reproduction d'une œuvre plus ou moins fantaisiste inspirée de
celle de Leou Cheou? Nous sert-il au contraire, plus que l'édition japo-
naise ou le rifacimento de Tsiao Ping-tcheng, à reconnaître les traits carac-
téristiques du Keng tche l'ou primitif? Le problème est délicat, mais son
importance même nous oblige à le serrer d'un peu près.

Avant tout, une question préliminaire s'impose à notre examen; y
a-t-il un espoir raisonnable de retrouver jamais les originaux de Leou
Cheou? Leur seule découverte modifierait beaucoup les conditions de
notre enquête; or, il s'est conservé en Chine des peintures encore plus
anciennes que celles-là. Les textes, en ce qui concerne les peintures mêmes
de Leou Cheou, sont-ils donc muets dès le douzième siècle?

Ici encore, il faut faire une distinction. Selon toute vraisemblance, il y
eut non pas une série de peintures originales dues à Leou Cheou, mais au