National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books

> > > >
Color New!IIIF Color HighRes Gray HighRes PDF   Japanese English
0020 Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.2
Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.2 / Page 20 (Grayscale High Resolution Image)

New!Citation Information

doi: 10.20676/00000249
Citation Format: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR Text

Ces pieuses images se réclament de deux types assez différents par
la composition et la facture. On trouve dans la première série (pl. I-
VIII) une suite de représentations de scènes connues, traitées avec une
rare habileté technique. L'artiste semble avoir mis en œuvre les méthodes
chères à l'école indienne ; le décor rappelle même directement certains
détails des fresques d'Ajanta. La plus grande partie de la peinture est occu-
pée par une seule composition qu'encadrent, aux angles et à la partie infé-
rieure, de petites scènes accessoires.

La seconde série est caractérisée par une représentation centrale du
Buddha Çakya-muni assis à l'orientale sur le péricarpe d'un lotus ; le
Bienheureux, la tête entourée d'une auréole, est adossé contre un tejas
bicolore, ses mains esquissent différentes mudra. Cette image du Maître est
entourée de nombreuses scènes miniaturées qui ne semblent pas, à première
vue, séparées les unes des autres ; on discerne cependant, grâce à un examen
plus attentif, que les cours d'eau sinueux, les nuages et les rideaux d'arbres,
ne sont pas seulement des créations arbitraires imaginées par la fantaisie
de l'artiste ou par le souci de la localisation des scènes, mais qu'ils servent,
comme les pilastres et les colonnettes, comme les arbres mêmes des bas-
reliefs gréco-bouddhiques, à isoler et à ordonner les scènes figurées. La
représentation du premier épisode se trouve toujours à la partie supérieure
de la peinture, soit à droite, soit à gauche du spectateur. Nous remarquons
immédiatement, en examinant les personnages représentés par l'imagier,
que la taille du Buddha est toujours disproportionnée par rapport à celle des
bhikṣu ou des fidèles laïques qui l'entourent ; c'est là un procédé qu'il est
utile de signaler pour sa conformité avec l'usage adopté par les sculpteurs
de l'école du Gandhara et les miniaturistes indiens ou népalais¹ ; la même
constatation s'impose pour les répétitions de personnages ; on ne sera donc
pas étonné de retrouver plusieurs fois, sur la même scène, le même per-
sonnage, que ce soit le Buddha ou tel de ses disciples. Ce ne sont d'ail-
leurs pas les seules affinités qui créent un lien indiscutable entre nos
miniatures et les productions similaires de l'école indienne ou népalaise ;
il en existe d'autres, tout aussi étroites que celles que nous venons de signa-
ler ; elles sont d'ordre technique.

Les poncifs employés au Tibet pour la reproduction de la plupart des
peintures sont assez semblables aux modèles utilisés en Occident pour la