国立情報学研究所 - ディジタル・シルクロード・プロジェクト
『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

> > > >
カラー New!IIIFカラー高解像度 白黒高解像度 PDF   日本語 English
0090 Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.2
東アジアの記憶 : vol.2
Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.2 / 90 ページ(白黒高解像度画像)

New!引用情報

doi: 10.20676/00000249
引用形式選択: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR読み取り結果

forêt avec cinq cents haches. Le yaksa nommé Apriya vit ces haches qui
abattaient le bois ; et ayant reconnu le fait, il se rendit au lieu où se trou-
vait le yaksa Mahecvara : et quand il y fut arrivé, il lui parla en ces termes :
« Voici ce que doit connaître le chef. Cinq cents haches abattent la forêt du
santal gocirsa ; fais maintenant ce que tu dois faire ou ce qu'il te convient
de faire. » Alors le yaksa Mahecvara, après avoir congédié l'assemblée, sou-
leva un ouragan noir et terrible et partit pour l'endroit où se trouvait la
forêt de santal. « Écoutez, s'écria le pilote, ô vous marchands du Jambudvipa :
voici ce qu'on appelle un ouragan noir et terrible. Que dites-vous de cela ? »
A ces mots, les marchands, effrayés, épouvantés, frappés de terreur, sen-
tant leurs poils se hérisser sur tout leur corps, commencèrent à invoquer
les dieux : « O vous, Çiva, Varuna, Kuvera, Çakra, Brahma, et vous chef
des asuras, des maharajas, des yaksas, des danavas, vous voici tombés
dans le danger le plus redoutable. Ah ! puissent ceux qui sont à l'abri du
danger être aujourd'hui nos protecteurs ! »

Cet épisode est représenté sur notre peinture ; on voit tout d'abord deux
marchands occupés à abattre les arbres (nº 197) ; montés ensuite sur leur
embarcation chargée de bois précieux ; le yaksa Mahecvara à l'aspect ter-
rible émerge des flots à mi-corps ; il est entouré d'une épaisse fumée noire ;
dans l'embarcation, un bhiksu lui adresse la parole pour le calmer. Ce reli-
gieux, l'inscription nous l'apprend, n'est autre que Purna. Reprenons donc
le récit traduit par Burnouf, il nous expliquera le motif de la présence ins-
pirée du bon bhiksu et nous édifiera sur l'opportunité de son intervention.

« Cependant Darukaruin était immobile de découragement ; les passa-
gers lui demandèrent : « Chef des marchands, nous voici tombés dans un
danger redoutable et auquel il est difficile d'échapper. Pourquoi restes-tu
ainsi plongé dans le découragement ? » « Seigneurs, reprit-il, mon frère m'avait
averti, en me disant : Le grand Océan a peu de jouissances et beaucoup de
misères ; bien des gens, aveuglés par la cupidité s'y embarquent, mais peu
en reviennent. Aie soin de ne t'embarquer, sous aucun prétexte que ce soit,
sur le grand Océan. Sans tenir compte de ses paroles, je me suis dit : Il faut
que je m'embarque, et je me suis embarqué en effet ; que puis-je donc faire
maintenant ? — Qui est ton frère ? dirent les marchands. — Purna, reprit leur
chef. — Seigneurs, s'écrièrent les marchands, c'est ce Purna même, l'arya,
celui qui possède la grandeur et la vertu ; hâtons-nous d'implorer son se-