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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0191 Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.2
東アジアの記憶 : vol.2
Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.2 / 191 ページ(白黒高解像度画像)

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doi: 10.20676/00000249
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OCR読み取り結果

« mais quel est le tien? » Le Mahāsatta répondit : « Je n'en ai pas ici qui soit animé,
« mais je vais appeler la Terre inanimée en témoignage. » Et, montrant son témoin,
« le Mahāsatta prononça (cette stance) :

« Ce trône est mien, pour attester ce fait qu'est-il besoin d'un autre témoin ?
« Que cette Terre, qui a tremblé quand j'ai donné Maddī, vienne témoigner en ma
« faveur. »

« Puis : « O Malin ! Moi qui aspire à la possession de ce trône, dans mes innom-
« brables existences, il n'est pas de don qui n'ait été donné, ni de précepte qui
« n'ait été observé par moi. Sans parler de mes autres libéralités, j'ai, dans ma seule
« naissance sous la forme de Vessantara, poussé jusqu'à la perfection (la charité
« en donnant) la reine Maddī, et la Terre en a tremblé sept fois. Et maintenant que
« je suis assis sur ce trône qui n'a jamais été conquis, ayant en vue la victoire sur
« le monde entier, en plein combat avec l'armée de Māra, comment se fait-il que cette
« Terre garde le silence? Celui-ci a pris comme faux témoin sa suite ; que cette Terre
« entende ma voix et soit mon témoin, inanimée mais visible ! » Tel un éclair d'or sortant
« du sein d'un nuage rouge, telle la main droite du Bodhisattva sortit de l'intérieur
« de son cīvara, tout illuminée (de l'éclat) des ongles couleur de corail, semblable à
« la trompe d'un éléphant, et ornée du signe de la Roue. Dirigeant cette main vers la
« Terre, il dit : « O Terre ! j'ai réalisé les trente perfections, et dans ma naissance sous
« la forme de Vessantara, j'ai fait le sacrifice de ma femme, de mes enfants, et distribué
« les dons par sept cents à la fois ; mais je n'ai ni śramaṇa, ni brahmane comme témoin
« (de mes dires), ô Terre ! pourquoi ne viens-tu pas témoigner ? » Alors la Terre, ne
« pouvant résister à la puissance des perfections du Bodhisattva, sortit du sol sous
« l'apparence d'une femme et se plaça en face du Bodhisattva ; et, comme si elle eût
« voulu dire : « O Mahāpurisa ! je sais que tu as rempli les conditions nécessaires (pour
« l'obtention de la Sambodhi), ma chevelure est trempée de l'eau de tes donations, et
« maintenant je vais la tordre », la Terre tordit ses cheveux et disparut. L'eau coula de
« ses cheveux comme les flots de la Gaṅgā. Le Bodhisattva dit :

« Ayant étendu sa main marquée du signe de la Roue, semblable à la trompe
« d'Erāvaṇa, pareille à un rameau de corail, le Mahāvīra, le Taureau des Śākyas,
« montra la Terre. Celle-ci, ne pouvant résister à son appel, se leva devant lui sous
« l'apparence d'une femme, et tordit sa chevelure d'où jaillissent des flots comparables
« à ceux de la Gaṅgā.

« L'armée de Māra ne put tenir et s'enfuit. Les pieds de Girimekhala glissèrent et
« s'enfoncèrent jusqu'au fond de l'Océan. Les parasols, étendards et chasse-mouches
« se brisèrent et tombèrent. Voyant ce prodige, Māra rempli d'étonnement, dit :

« La puissance des perfections (du Bodhisattva) a eu raison de l'armée de Māra,
« et les torrents d'eau coulant des cheveux de son témoin l'a complètement dispersée
« et mise en fuite aux quatre points cardinaux. »