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0212 Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.2
東アジアの記憶 : vol.2
Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.2 / 212 ページ(白黒高解像度画像)

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doi: 10.20676/00000249
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OCR読み取り結果

de K'ong Ngan-kouo, celui de Fou-cheng aurait pu commencer à être qua-
lifié de kin wen chang chou, ou « Chou king en caractères modernes ». Mais
Sseu-ma Ts'ien était un contemporain de K'ong Ngan-kouo ; on sait d'ail-
leurs qu'il s'enquit auprès de lui personnellement pour certaines leçons de
son texte. S'il eût voulu opposer les deux recensions du Chou king, comme
en tout cas l'expression de kin-wen eût été de frappe toute récente et n'eût
pas suffi à caractériser à elle seule la recension de Fou-cheng, il eût fallu,
semble-t-il, qu'il employât l'expression entière de Kin wen chang chou pour
le texte de Fou-cheng, tout comme il employait celle de Kou wen chang
chou pour celui de K'ong Ngan-kouo. On a vu que ce n'était pas le cas.
Est-ce à dire du moins qu'immédiatement après Sseu-ma Ts'ien, nous
trouvions l'expression kin-wen ou le titre Kin wen chang chou communé-
ment usités et compris au sens de Chou king de Fou-cheng? En aucune
façon. Comme on l'a vu, une telle interprétation s'imposait si peu qu'au
Ier siècle, l'historien Pan Kou, reprenant le texte même de Sseu-ma Ts'ien,
ne l'a pas adoptée ; il en est de même de Wang Sou au IIIe siècle. Les écri-
vains des trois premiers siècles de notre ère, quand ils veulent distinguer
entre les recensions de K'ong Ngan-kouo et de Fou-cheng, continuent bien
de donner à la recension de K'ong Ngan-kouo le nom de « Chang chou en
kou-wen », mais pour la recension de Fou-cheng, ils la désignent par les
noms de ceux qui s'en étaient faits les transmetteurs, c'est-à-dire par les
termes de 歐陽賞書 Ngeou-yang chang chou ou de 夏侯賞書 Hia-heou
chang chou, « Chou king de Ngeou-yang » ou « Chou king de Hia-heou.
Ce n'est qu'au Ve siècle, dans le 史記音義 Che ki yin yi de 徐廣 Siu
Kouang et dans le commentaire de 裴松之 P'ei Song-tche à l'Histoire des
Trois royaumes, que la recension de Fou-cheng est désignée sous le nom
de Kin wen chang chou. L'expression se fixe alors, et dans les commen-
taires classiques du VIIe siècle, que ce soient le King tien che wen de Lou
To-ming ou le Chang chou tcheng yi de K'ong Ying-ta, les mots de kin-
wen suffisent à eux seuls à désigner, comme par un terme d'école, les leçons
du texte de Fou-cheng¹. Mais tous ces écrivains sont très postérieurs à la
présentation par Mei Tsö du texte du pseudo K'ong Ngan-kouo. Il apparaî-
tra donc comme bien probable que, loin que les mots de kin-wen aient dési-
gné au temps de Sseu-ma Ts'ien la succession de Fou-cheng, c'est par un
rapprochement erroné entre le texte de Sseu-ma Ts'ien et celui de la préface