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0043 Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.2
Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.2 / Page 43 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000249
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rendre à Uruvilva lorsqu'il reçut la visite de Mara qui avait pris la « figure
d'un fils de brahmane ». Mara parla en ces termes :
« Tu n'es pas délivré et, si tu te figures être délivré, tes pensées de
délivrance ne sont que des fictions de ton (invention); Çramaṇa, tu n'es
pas délivré de mon (étreinte). Tu es lié par de grands désirs. »
Alors Bhagavat fit cette réflexion au-dedans de lui-même : « Oh! mais,
c'est Mara le pervers! Voici! il s'est approché pour faire œuvre de trouble. »
Cette réflexion faite et cette pensée bien comprise, il prononça cette stance :
« Oui, certes, toutes les passions tant divines qu'humaines,
J'en suis complètement délivré.
Tu es vaincu par tous les obstacles que tu prétends élever.
Pervers, il en est ainsi, sache le bien. »
Alors Mara, le pervers se dit en lui-même : L'esprit du çramaṇa Gau-
tama connaît ma pensée. — Ce fait bien compris, souffrant, le cœur abattu
et chagrin, il disparut à l'instant¹.

25. — LA SOUMISSION DES « JAṬILA ».

Le Buddha convertit par des miracles successifs Kâçyapa d'Uruvilva,
ses deux frères, Gayâ-Kâçyapa et Nadi-Kâçyapa et leur millier de disciples.
1° Soumission du « nâga ». — Le Buddha se rendit tout d'abord chez
Kâçyapa d'Uruvilva et lui demanda la permission de passer la nuit dans son
temple du feu (agni-caraṇa, tib : me-khañ). Kâçyapa lui répondit : « Gau-
tama, il s'y trouve un serpent venimeux qui pourrait te nuire. » « Kâçyapa,
répondit le Buddha, il ne me nuira pas. » Puis ayant obtenu la permission
demandée, le Maître entra dans le temple. Le serpent irrité émit une grande
quantité de fumée, puis du feu; le Buddha lui répondit en produisant égale-
ment de la fumée et du feu, si bien que le serpent dompté vint se réfugier dans
le bol à aumônes du Bienheureux; c'est cette scène qui est reproduite sur
notre peinture (nº 18); le Buddha est entouré de flammes et le serpent se
trouve déjà dans le bol. Le matin même, le Maître présenta le serpent à
Kâçyapa étonné, mais non encore convaincu de sa supériorité² (nº 19).