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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0094 Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.2
東アジアの記憶 : vol.2
Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.2 / 94 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000249
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OCR読み取り結果

cha par sa puissance surnaturelle sa chevelure et ses ongles et les leur donna.
Et aussitôt les veuves dressèrent un stûpa pour la chevelure et pour les on-
gles de Bhagavat. Ensuite la divinité qui habitait le bois de Jetavana, planta
en manière de poteau près de ce stûpa, la branche de vakula qu'elle tenait à la
main, et dit à Bhagavat : « Et moi, Bhagavat, je rendrai à ce stupa les hom-
mages qui lui sont dus » ; aussi s'arrêta-t-elle en cet endroit. De là vient que
les uns nomment « le stupa des veuves », et les autres « le stupa du poteau
de Vakula », ce monument que les Religieux qui honorent les édifices élevés
à Bhagavat, vénèrent encore aujourd'hui.
Bhagavat quitta ensuite cet endroit. Il rencontra bientôt un autre ermi-
tage, où résidaient cinq cents rṣi. Cet ermitage était abondant en fleurs,
en fruits et en eau. Enivrés du bien-être dont ils jouissaient, ces rṣi ne pen-
saient à quoi que ce fût (nº 207). Aussi Bhagavat reconnaissant que
le temps de les convertir était arrivé, se dirigea vers l'ermitage; et quand
il fut auprès, il y détruisit par sa puissance surnaturelle les fleurs et les
fruits ; il dessécha l'eau, il fit noircir le vert et frais gazon, et y renversa
les sièges. Aussi les rṣi tenant leur tête entre leurs mains, restaient
absorbés dans leurs réflexions. Mais Bhagavat leur dit : « Pourquoi, ô
grands rṣi, restez-vous ainsi absorbés dans vos pensées ? — O Bhagavat !
tu n'as pas plutôt mis le pied ici, sur cette terre de pureté, que nous
sommes tombés dans l'état où tu nous vois. — Pourquoi ? dit Bhagavat. —
Cet ermitage répondirent-ils, qui abondait en fleurs, en fruits et en
eau, est détruit ; puisse-t-il redevenir tel qu'il était autrefois. — Qu'il rede-
vienne comme auparavant, dit Bhagavat ; et après qu'il eût déployé sa puis-
sance surnaturelle, l'ermitage redevint tel qu'il était autrefois. Aussi les
rṣi furent-ils frappés d'un étonnement extrême, et ils éprouvèrent pour Bha-
gavat des sentiments de bienveillance. Bhagavat connaissant l'esprit, les
dispositions, le caractère et le naturel de ces cinq cents rṣi, leur exposa l'en-
seignement de la loi fait pour donner l'intelligence des quatre vérités su-
blimes ; de telle sorte que dès qu'ils l'eurent entendu, ils virent face à face
la récompense de l'état d'anagamin, et acquirent une puissance surnatu-
relle¹. »