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0118 Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.2
Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.2 / Page 118 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000249
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par Mara ne comprend pas cette suggestion. Le démon rend visite au
Buddha et le prie d'entrer dans le nirvana ; le Maître lui annonce qu'il
décide de mourir dans trois mois.

La première scène, celle de l'entretien avec Ananda, est extrêmement
simple. « Le Buddha s'était rendu au lieu où est situé le caitya Câpala, et
après y être arrivé, il chercha le tronc d'un arbre, et s'assit auprès pour y
passer la journée » (Pl. XVIII, n° 310). Là il s'adressa ainsi au respectable
Ânanda : « Elle est belle, ô Ananda, la ville de Vaiçâli, la terre des Vrijjis ;
il est beau le caitya Capala, celui des sept manguiers, celui des nombreux
garçons, le figuier de Gautama, le bois des Çâla, le lieu où l'on dépose son
fardeau, le caitya où les Mallas attachent leur coiffure. Il est varié, le Jam-
budvipa ; la vie y est douce pour les hommes. L'être, quel qu'il soit, ô
Ânanda, qui a recherché, compris, répandu les quatre principes de la puis-
sance surnaturelle, peut, si on l'en prie, vivre soit durant un kalpa entier,
soit jusqu'à la fin du kalpa... » Cela dit, le respectable Ananda garde le si-
lence. Deux fois et trois fois Bhagavat s'adressa ainsi au respectable Ananda.

Deux fois et trois fois le respectable Ananda garda le silence. Alors
Bhagavat fit cette réflexion : « Que le religieux Ananda soit éclairé par Mara
le pécheur, puisque aujourd'hui au moment où il est instruit par trois fois
par le moyen de cette noble manifestation, il ne peut en comprendre le
sujet. Il faut que ce soit Mara qui l'éclaire. »

Alors Bhagavat s'adressa ainsi au respectable Ananda : « Va, ô Ananda,
cherche le tronc d'un autre arbre pour t'y asseoir : nous sommes ici trop à
l'étroit pour rester ensemble. Oui, vénérable, répondit le respectable Ananda
à Bhagavat » ; et ayant cherché le tronc d'un autre arbre il s'y assit pour y
passer la journée (n° 311).

Cependant Mara le pécheur se rendit au lieu où se trouvait Bhagavat,
et y étant arrivé, il lui parla en ces termes : « Que Bhagavat entre dans
l'anéantissement complet ; voici venu pour le Sugata le temps de l'anéan-
tissement complet... (n° 312) — Pas tant de hâte, ô pécheur, tu n'as plus main-
tenant beaucoup de temps à attendre. Dans trois mois, cette année même,
aura lieu l'anéantissement du [Tathâgata] dans l'élément du nirvana, où il
ne reste plus rien de ce qui constitue l'existence. » Mais Mara le pécheur fit
cette réflexion : « Il entrera donc dans l'anéantissement complet, le Çramana
Gautama ! » Et ayant appris cela, content, satisfait, joyeux, transporté, plein
de plaisir et de satisfaction, il disparut en cet endroit même¹.