国立情報学研究所 - ディジタル・シルクロード・プロジェクト
『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

> > > >
カラー New!IIIFカラー高解像度 白黒高解像度 PDF   日本語 English
0188 Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.2
東アジアの記憶 : vol.2
Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.2 / 188 ページ(カラー画像)

New!引用情報

doi: 10.20676/00000249
引用形式選択: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR読み取り結果

A PROPOS D'UNE STÈLE SCULPTÉE D'ANGKOR-VAT

PAR

G. CŒDÈS

Dans les célèbres galeries en croix du temple d'Angkor-Vat, parmi les nombreuses
statues ou débris de sculptures qui leur ont valu le nom cambodgien de Prah pan « les
mille Bouddhas », se trouve une stèle sculptée que M. A. Foucher n'a pas jugée
indigne d'être reproduite, à titre de comparaison, dans son Art gréco-bouddhique
du Gandhâra (I, p. 407).

Examinons cette stèle (pl. XIX) : elle représente une des scènes capitales de la vie
du Bouddha, sa victoire sur Mâra le Tentateur. Le Bodhisattva est assis à l'ombre du
figuier, la main droite étendue dans la pose classique de la bhûmisparça-mudrâ « le
geste de toucher la terre ». Mâra est représenté deux fois, à gauche provoquant le
Bodhisattva et lui décochant des flèches dont les pointes se garnissent de fleurs, à
droite vaincu et s'écroulant avec son éléphant Girimekhala. Jusqu'ici rien de particu-
lier ne distingue cette sculpture des nombreuses répliques de la même scène qu'on
peut trouver dans l'Inde ou ailleurs.

Mais poursuivons notre examen : à droite, une petite figure de femme, debout
sur une fleur de lotus, tord sa chevelure. Pour quiconque a tant soit peu fréquenté les
pagodes du Cambodge ou du Siam, ce geste évoque immédiatement le souvenir de ces
images populaires qui représentent la sambodhi, et où l'on voit régulièrement apparaître,
dans l'encadrement d'un portique ménagé sous le trône du Bienheureux, une jeune
femme faisant jaillir de son opulente chevelure des torrents d'eau qui vont engloutir
l'armée de Mâra. Questionnez les indigènes : ils vous répondront sans hésiter que
cette femme est la Terre qui répond à l'appel du Bodhisattva et tord ses cheveux pour
noyer Mâra et ses acolytes.

Cet épisode, qui paraît capital dans l'imagerie religieuse du Cambodge et du Siam,
est aussi étranger à la littérature qu'à l'iconographie bouddhique de l'Inde. Le Mahâ-