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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0211 Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.2
東アジアの記憶 : vol.2
Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.2 / 211 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000249
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OCR読み取り結果

De même, au milieu du IIIe siècle, 王肅 Wang Sou, mort en 256, com-
pilait le Kia yu et le donnait faussement pour l'œuvre de ce titre qui était
connue dès les Han occidentaux. A l'appui de ses dires, il citait dans sa
postface une lettre de 孔衍 K'ong Yen disant que son ancêtre K'ong Ngan-
kouo avait composé le Kia yu. Cette lettre est, elle aussi, un faux de Wang
Sou, mais elle nous est un témoin de la façon dont Wang Sou lui-même
interprétait les textes de Sseu-ma Ts'ien et de Pan kou. On y lit en effet:
« Le roi Kong de Lou démolit l'ancienne demeure de Confucius. Il trouva le
Chang chou, le Hiao king et le Louen yu, [tous] en écriture archaïque en
[forme de] têtards (kou-wen k'o-teou). Il n'y avait personne en ce temps-là
qui pût lire (籀 yen) [ces textes]. [K'ong] Ngan-kouo les mit en caractères
modernes; il les interpréta et en transmit l'explication par un commentaire
(安國鳥之今文。識而訓傳其義). » Sauf la mention finale du commentaire de
K'ong Ngan-kouo, lequel apparaît ici pour la première fois, il est bien évi-
dent que le reste de la phrase est copié du yi kin-wen tou tche de Seu-ma
Ts'ien et que, tout comme Pan Kou, Wang Sou ne voyait nullement en kin-
wen une allusion au texte de Fou-cheng¹.

Il faut ajouter d'ailleurs que la phrase de Sseu-ma Ts'ien, dans l'inter-
prétation que lui ont donnée les disciples du pseudo-K'ong Ngan-kouo,
amènerait à supposer que, au moment même de la découverte du manuscrit
de K'ong Ngan-kouo, le terme de kin-wen était déjà une expression reçue
pour désigner la recension de Fou-cheng. Ce serait bien extraordinaire. Il
va sans dire en effet que kin-wen ne peut se justifier que par comparaison
à un kou-wen connu. Avant la découverte du manuscrit de K'ong Ngan-
kouo, le texte de Fou-cheng, bien qu'il dérivât sûrement, lui aussi, d'un
manuscrit écrit en écriture des Tcheou, n'avait aucune raison d'être qualifié
de « [texte] en caractères modernes », car on n'en connaissait plus d'autre.
Mais lorsque le manuscrit de K'ong Ngan-kouo vint au jour, celui-ci fut
immédiatement qualifié de kou wen chang chou, « Chou king en caractères
anciens », par comparaison avec le seul texte qui fût connu en son temps,
c'est-à-dire le Chou king de Fou-cheng transcrit en caractères des Han.
C'est à ce moment seulement que, par opposition au kou wen chang chou