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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0213 Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.2
東アジアの記憶 : vol.2
Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.2 / 213 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000249
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OCR読み取り結果

du pseudo K'ong Ngan-kouo que la littérature postérieure a donné aux
mots kin-wen une acception qu'à l'origine ils ne comportaient aucunement.
Ce n'est d'ailleurs pas là la seule méprise dont cette préface malencon-
treuse ait alourdi l'histoire du Chou king.
Du texte de Sseu-ma Ts'ien et de sa reproduction dans l'œuvre de Pan
Kou, il résultait seulement que K'ong Ngan-kouo avait transcrit en « carac-
tères modernes » un manuscrit qui était primitivement en « caractères
anciens ». La raison même veut que le manuscrit primitif ait été en carac-
tères de la fin des Tcheou, et que le manuscrit établi par K'ong Ngan-kouo
ait été en écriture li. L'auteur de la pseudo-préface de K'ong Ngan-kouo a
cru devoir préciser. Pour lui, le manuscrit original était en caractères « [en
forme] de têtards », le manuscrit établi par K'ong Ngan-kouo était en
li-kou.
Qu'était l'écriture 科斗 k'o-teou, « [en forme] de têtards ? » A tout le
moins depuis le commentaire de K'ong Ying-ta, paru en 642, l'explication
courante est que dans l'antiquité il n'y avait ni papier ni pinceaux, et qu'à
écrire avec du vernis sur des tablettes de bois ou des fiches de bambou, on
traçait des caractères épais du haut, arrondis et gonflés au centre, et minces
à l'extrémité ; de là une ressemblance avec les têtards, dont par analogie
on leur avait donné le nom¹. Il nous est assez difficile de nous représenter
ce qu'était l'écriture manuscrite des Tcheou. Aucun manuscrit du temps des
Tcheou (ou même des Ts'in) ne nous est parvenu. Nous n'avons, pour le
temps des Yin et des Tcheou, que de rares textes gravés sur pierre comme
les « tambours des Tcheou », ou sur métal comme les vases et cloches
archaïques, ou sur écaille de tortue et sur os comme les textes divinatoires
retrouvés récemment au Ho-nan. Aucun ne justifie par l'apparence le terme
de « [en forme] de têtards », ni ne ressemble aux spécimens de cette écriture
reconstitués artificiellement dans les temps modernes. D'autre part les fiches
manuscrites des Han recueillies en Asie centrale sont déjà en écriture li,
d'un archaïsme un peu roide qui a laissé des traces jusque dans les plus
anciens manuscrits de Touen-houang. Enfin, quand, sous les Han posté-
rieurs, 杜林 Tou Lin a entre les mains un manuscrit du Chou king en kou-
wen écrit au vernis sur des tablettes, les textes anciens qualifient seulement
ce texte de 漆書, tsi-chou « texte écrit au vernis », et ce ne sont que les exé-
gètes postérieurs qui disent qu'il était en écriture k'o-teou².