国立情報学研究所 - ディジタル・シルクロード・プロジェクト
『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

> > > >
カラー New!IIIFカラー高解像度 白黒高解像度 PDF   日本語 English
0219 Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.2
東アジアの記憶 : vol.2
Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.2 / 219 ページ(カラー画像)

New!引用情報

doi: 10.20676/00000249
引用形式選択: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR読み取り結果

donc pas douteux qu'il ne s'agit pas là des formes adoptées dans le déchif-
frement de K'ong Ngan-kouo, mais bien des formes archaïques données
par les fiches qu'on disait avoir été retrouvées dans le mur de la maison
de Confucius, et qui étaient conservées dans les archives des Han. Hiu
Chen dut pouvoir connaître ces documents, directement ou indirecte-
ment.

Classiques sur pierre, commentaires des Han, Chouo wen, enfin tradi-
tions annexées aux classiques sous le titre de 籀 wei, tels sont les principaux
matériaux sur lesquels travailla le faussaire dont l'œuvre fut présentée au
trône en 317-323. Mais la bizarrerie du terme de kou-wen, « écriture ancienne »,
appliqué à un texte en écriture courante, et plus encore l'ambiguïté de l'ex-
pression li-kou « écriture li archaïsante (?) » que lui substitua le faussaire,
portèrent leurs fruits. Peut-être, dès le début, le faussaire jugea-t-il bon de
justifier ces termes en entremêlant son texte de formes « archaïques » plus
ou moins authentiques. En tout cas, ses successeurs n'y manquèrent pas.
Il ne s'agit plus là des formes du kou-wen ou de l'écriture « sigillaire » con-
servées par le Chouo wen, mais de graphies aberrantes ou de caractères pris
phonétiquement l'un pour l'autre, et se rattachant toujours ou presque tou-
jours à l'écriture li. Il n'est pas invraisemblable qu'un certain nombre de ces
formes aient reposé sur une tradition valable. Mais du IVe siècle à la fin du VIe,
des lettrés épris d'archaïsme se plurent à multiplier ces graphies anormales,
et parfois sans doute à en généraliser l'emploi en les étendant d'un cas isolé
à tous ceux où le même mot reparaissait dans d'autres sections du clas-
sique.

Tel était donc le Chou king du début du VIIe siècle : une recension fabri-
quée au moins en partie, trois siècles plus tôt, par un faussaire, précédé
d'une préface et accompagné d'un commentaire parfaitement apocryphes,
émaillé enfin de formes archaïsantes où il était devenu fort difficile de faire
le départ entre ce qui provenait d'une tradition repectable et ce qui n'était
dû qu'à la fantaisie de lettrés récents. C'est là le Chou king que glosèrent
alors Lou Tö-ming et K'ong Ying-ta. Mais l'histoire du Chou king ne s'ar-
rête pas là ; le zèle bien intentionné, mais fâcheux, d'un empereur allait faire
subir au classique une nouvelle transformation.

Le texte de Mei Tso avait été présenté à une dynastie établie au Sud du
Fleuve Bleu ; jusque dans la deuxième moitié du VIe siècle, c'est surtout dans
les régions du Kiang-sou et du Tchö-kiang que cette recension fut étudiée ;
c'est là que les lettrés farcirent de caractères archaïques, authentiques ou