国立情報学研究所 - ディジタル・シルクロード・プロジェクト
『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ
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| 0228 |
Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.2 |
| 東アジアの記憶 : vol.2 |
引用情報
OCR読み取り結果
M. Shimada propose de résoudre cette difficulté en s'inspirant du texte
même de Lou Tö-ming, lequel nous parle des lettrés vulgaires, qui se plai-
saient à introduire dans le Chou king en kou-wen une foule de formes ar-
chaïques que les manuscrits les plus anciens et les meilleurs ne donnaient
pas. Pour M. Shimada, le faussaire des environs de l'an 300 avait présenté
un Chou king qui contenait un certain nombre de formes archaïques, dont il
trouvait trace dans ses matériaux originaux, mais il ne prétendit pas forcer
systématiquement l'apparence archaïque de son texte, qui dans l'ensemble
était écrit avec les formes en usage sous les Tsin. Mais ses successeurs
auraient renchéri sur lui. De là des manuscrits différents, d'un degré d'ar-
chaïsme variable ; celui utilisé par Kouo Tchong-chou remonterait bien aux
T'ang, mais aurait été particulièrement « archaïsant ».
Telles étaient les deux thèses en présence avant la découverte des manu-
scrits de Touen-houang. Jusque-là, on discutait en Chine, de seconde main,
sur des ouvrages qui disaient remonter à des textes en kou-wen connus sous
les Song ; au Japon, on avait retrouvé des copies manuscrites qu'on tentait de
rattacher à la tradition des T'ang. Mais il semblait exclu qu'on dût jamais re-
mettre la main sur un manuscrit du Chou king vraiment écrit à l'époque des
T'ang. Par une rare fortune, les découvertes de Touen-houang nous en ont
rendu plusieurs, malheureusement fragmentaires. La plupart sont à Paris,
mais il s'en trouve aussi à Londres dans les manuscrits rapportés par Sir Aurel
Stein. Or tous ces manuscrits donnent un texte antérieur à la révision de 744.
Jusqu'ici trois de ces manuscrits fragmentaires ont été publiés. Ce
sont : 1° Un fragment de la section 顧命 Kou ming du Chou king, avec
pseudo-commentaire de K'ong Ngan-kouo. Ce fragment a été utilisé de
bonne heure pour doubler une de ces fines reliures de manuscrits faites au
moyen de brindilles de bambous et dont j'ai rapporté de Touen-houang
quelques beaux spécimens. Il ne reste que 9 lignes d'écriture (chacune étant
double dans la partie de commentaire). L'écriture paraît être de la première
moitié du VIIe siècle. En 1909, j'ai montré ce fragment à quelques érudits
pékinois, et c'est ce qui lui a valu d'être publié en 1910 dans le 1er fasci-
cule du 敦煌石室遺書 Touen houang che che yi chou (fos 1-7) par MM. 羅振
玉 Lo Tchen-yu et 蔣斧 Tsiang Fou¹, qui y ont joint des notes critiques,
puis en fac-similé dans le 石室祕寶 Che che pi pao², enfin à nouveau en fac-
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