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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0230 Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.2
東アジアの記憶 : vol.2
Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.2 / 230 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000249
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OCR読み取り結果

2° Il n'y a pas un emploi uniforme des formes archaïsantes dans nos
trois fragments, ni même parfois à l'intérieur d'un même fragment ¹. Ceci
pourrait s'expliquer soit parce que le maintien de ces formes archaïsantes
avait quelque chose d'artificiel et d'arbitraire sur quoi on n'était pas tou-
jours d'accord, soit parce qu'une tradition remontant directement ou indi-
rectement à Mei Tsö imposait pour un même caractère une forme « ancienne »
dans un passage, et une forme « moderne » dans un autre. Nous ne sommes
pas encore en mesure d'en décider ².

Sur l'origine de ces formes archaïsantes, M. Shimada ³ a émis une
hypothèse qui est peut-être juste, au moins en partie. Selon lui, l'introduc-
tion des formes aberrantes dans les manuscrits du Chou king pourrait être
due dans une certaine mesure à l'influence des textes en caractères vraiment
archaïques trouvés en 280 ou 281 dans la tombe de Ki. Il n'est pas exclu en
effet qu'à une époque où furent composés tant de faux, la découverte mer-
veilleuse, et qui paraît authentique, d'une bibliothèque grâce à laquelle on
connut des œuvres comme les Annales écrites sur bambou ou le Voyage de
l'empereur Mou, ait eu une répercussion jusque sur le texte du Chou king.
Il ne faut pas oublier toutefois que les textes découverts en 280-281 devaient
être, de par la date de leur enfouissement, en écriture des Tcheou, c'est-à-
dire en kou-wen encore plus archaïque que l' écriture sigillaire au lieu
que les formes aberrantes du pseudo-kou-wen ne sont que de l'écriture li
archaïsée. Et d'ailleurs il est possible, vu le terme li-kou de la préface du
pseudo-K'ong Ngan-kouo, que certaines de ces formes aient été adoptées
lorsque cette préface fut écrite, c'est-à-dire selon moi au milieu du IVe siècle,
30 ans avant l'ouverture de la tombe de Ki.

Quoi qu'il en soit de ce point, et quelques améliorations que les décou-
vertes de Touen-houang doivent apporter au Chou king issu de la révision
de 744, nous pouvons dès maintenant constater que nous possédons les plus
anciens manuscrits d'un des grands classiques chinois, et précisément de
celui dont la tradition est le plus embrouillée et le moins fidèle. C'est là le
fait certain, et qu'il valait peut-être de signaler.